Je devrais la haïr. Je devrais la détester. Je devrais lui en vouloir pour ce qu'elle m'a
dit. Pour le mal qu'elle me fait. Je devrais lui reprocher mes larmes. Je devrais être en rage contre elle. Je devrais l'insulter, lui dire comme elle me semble monstrueuse. Je devrais lui dire
que son mal-être, elle l'a bien cherché, qu'elle ne mérite pas autre chose. Qu'elle est l'unique responsable de tout. Je devrais en rajouter, lui inventer mille défauts, les grossir. Je devrais
la maudir.
Et pourtant non. Et pourtant je souhaite qu'elle respire enfin et voit le bout du tunnel. Pourtant je souhaite qu'elle soit tout simplement heureuse. Et pourtant je
réponds à ce qu'elle me dit d'abominable sur moi en lui disant que je serai là, si elle a besoin de moi. Moi qui suis "égoïste", je ne lui en veux pas, enfin pas au point de la détester,
pas pour l'heure du moins (ça viendra peut-être), et je lui dis que je suis là, que je vais faire la seule chose que je puisse faire pour elle en la laissant tranquille, en lui ôtant le seul
poids que je puisse lui ôter des épaules : moi. Moi la harceleuse. Moi la folle. Sur ce dernier point, elle a peut-être raison, puisque je ne suis pas capable de la détester malgré la douleur qui
me dévore, puisque je m'inquiète encore pour elle.
D'ailleurs, tout cela était vraiment fou, je le savais dès le départ.
Juste retour de bâton.
Par Eurêka
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Publié dans : moi je
Ne trouvez-vous pas marrant (le terme n'est pas exactement celui-ci) de constater comme
ce qui ne devrait être que de l'ordre de l'immatériel, du ressenti, de l'âme, de l'impalpable, de l'inconsistant, du cérébral, se matérialise souvent dans des réactions corporelles qui nous
semblent bien réelles.
Ainsi, la joie peut-elle nous donner la sensation d'avoir des aîles, l'envie de danser, une force toute nouvelle qui nous traverse et nous emporte dans une légèreté qui
nous éloigne de la pesanteur.
D'un autre côté, et de manière plus flagrante pour ce qui me concerne, la douleur morale, une séparation, une blessure que ne devrait être que de l'ordre de l'incorporel,
se traduit également par des douleurs physiques bien réelles. Un poids sur l'estomac, une douleur dans le ventre insaisissable, une souffrance au niveau du coeur indescriptible. Pourquoi le
coeur, cet organe-là précisément, alors qu'il n'a en réalité aucun lien, il me semble, avec le sentiment qu'il symbolise? Ne parle-t-on pas de coeur brisé? Du symbole à la réalité, la vérité
n'est peut-être pas si loin. Y a-t-il un médicament à prendre contre cette douleur-ci? Existe-t-il un remède? Un pansement à appliquer? Une drogue à avaler pour supporter le sevrage d'une toute
autre dépendance?
Par Eurêka
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Publié dans : moi je
Parce qu'il faut bien commencer quelque part, ou plutôt recommencer ailleurs.
Parce qu'on n'entame pas une nouvelle phrase sans avoir mis un point - final, d'exclamation, d'interrogation ou de
suspension - à la phrase précédente.
Parce qu'une tempête en plein océan aurait été plus de circonstance, les vagues en furie et le ciel qui gronde,
mais on ne fait pas toujours ce que l'on veut, dans la vie, ma bonne dame; la preuve en est.
Parce que de toute façon, rien n'aurait été à la hauteur. Ou alors sur la pointe des pieds.
Parce que pas besoin de ça pour se souvenir. Il suffit de fermer les yeux (la mémoire est-elle dans le
regard?).
Parce que c'est ainsi.
Parce que je suis là, bien en vie.
Par Eurêka
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Publié dans : moi je
à vot' bon coeur!