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La Face Cachée

  • : Le blog de Eurêka
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Albert Einstein

"La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre."

Juste par curiosité...

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 15:34
P* de douleur, P* de mal au bide, P* de jalousie, P* d'égoïsme, P* boule dans la gorge, P* de poids sur le coeur, P* de tête qui tourne, P* de reproches, de retours sempiternels sur le passé, sur les actes manqués, sur là où on aurait dû s'arrêter, P* de vie, P* d'amour, P* de peur en l'avenir, P* de peur du vide, de ce qui ne sera plus, P* de mots qui tournent et retournent dans ma caboche, P* de toi, P* de moi, P* de désillusions, P* à ceux qui pourraient dire "je t'avais prévenu", P* à ceux qui n'ont pas su être là, mais comment leur en vouloir?, P* encore à toi qui a comme tendu ta toile, P* à moi qui me suis laissée prendre dedans en toute conscience et en toute connaissance, du moins le croyais-je, P* de moi qui ne sais pas faire la part des choses et voir ce qui a vraiment de l'importance, P* de tripes qui se tordent, P* de larmes qui hésitent, P* de fois où j'ai été heureuse, P* de fois où j'ai été malheureuse, P* de fois où je le serai encore, P* de carapace que je n'ai jamais su me fabriquer, P* de monde, P* de sentiments qu'on ne comprendra jamais, P* de sens à tout ça, P* d'éternels "pourquoi", P* de moi sans toi et auquel je ne me fais toujours pas, P* de maux dont je ne guéris pas...

Putain de moi...

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 22:07
     Hier, j'ai déménagé. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Et demain?
      Bref, que de changements! Pas pour l'année de plus, ça ne change pas grand chose à ma vie... 31 ou 32 ans, quelle différence? (à part les 40 qui se rapprochent...) Peut-être juste une déception supplémentaire et attendue. Une de plus.
      Un déménagement, en revanche, c'est toujours l'occasion d'un nouveau départ, du moins en ai-je à chaque fois l'illusion, et la volonté. 4 ans au même endroit, c'est un record dans mon cas. Le record sera-t-il battu?

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 23:02
     Puis-je me permettre, du haut de ma haute et actuelle expérience, un petit conseil? Oui? Merci.
Donc voilà : En hiver tu ne déménageras point (ça ressemble plutôt à un onzième commandement... ). Eviter (sauf emploi de déménageurs, mais le déménagement perd alors tout son charme... (ah non?) (non...)) tant que vous le pouvez de changer de domicile durant la période hivernale...
     Prenons un individu lambda : au hasard, moi. Admettons qu'il ait eu la mauvaise idée de déménager ces derniers jours. Vous obtenez une Eurêka frigorifiée, les placards vides et complètement coincée au fin fond de la Drôme dite provençale (et sans internet pendant une semaine, vous imaginez ça???), sous une neige que l'on ne voit, parait-il, ici qu'une fois tous les 30 ou 40 ans. Et comme on est rarement préparé à ce qui se produit rarement, on ne peut pas dire que les équipements étaient très adaptés à un tel enneigement... Les cantonniers me faisaient presque pitié à tenter de denneiger avec leur tracteur... (l'un d'eux m'a surtout fait honte quand il m'a dit "ça y est, t'es rentrée?", et que je me suis dit, au dedans de moi, "c'est qui?")

     Quoi qu'il en soit, et si on oublie un peu qu'on a plus important à faire, il n'y a pas à dire : c'est beau la neige! Et qu'y a-t'il de plus important que de regarder un doux et lent flocon tomber?
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     Et puis au moins, ça me donne un avant-goût des prochains hivers qui m'attendent là où je vais...(et accessoirement, j'apprends à conduire sur la neige et la glace...)

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 23:53

     Quoi de mieux, quand on va entamer quelque chose de nouveau, pour repartir sur de bons rails, que de faire le bilan de ce qui vient de s’écouler, afin peut-être de ne pas reproduire les mêmes erreurs, se servir de sa propre expérience pour repartir sur de bonnes bases. On pourrait aussi décider de s’asseoir sur le passé pour ne plus y revenir, l’oublier pour ne pas le ressasser sans cesse. On pourrait.

     Bref, en ce début d’une nouvelle année et à la veille d’un déménagement, je me dis qu’il est temps de faire le point. Le bilan 2008 avait été catastrophique, dans l’ensemble, il faut bien le reconnaître. Bref, l’année de merde.  Le bilan de l’année 2009 est… tintintin (roulement de tambour, suspens)… euh… indescriptible. Si on devait faire le compte des larmes versées, elle arriverait sans hésitation permise number one. Mais il est parfois drôle de voir sa propre capacité à ne conserver pour souvenir que le meilleur, seulement ce qui nous est le plus agréable de se rappeler, et mettre de côté, ou leur donner une moindre importance, les moments plus difficiles, bien qu’ils aient été bien bien plus nombreux. Comme si on ne voyait que ce que l’on voulait voir. Comme pour se convaincre que ça valait le coup, malgré tout, malgré ce qui s’est passé, malgré aujourd’hui, malgré demain et ce que l’on sait qui nous attend encore…

     Sur le moment, on donne une importance démesurée à des détails qui nous touchent et nous blessent. On en fait une montagne, ils nous masquent le reste, on ne voit plus que ça, comme une obsession. Lorsque l’on a quelqu’un face à soi qui ne comprend pas l’importance que l’on donne à ce détail, on en devient chiant, l’emmerdeuse totale à ses yeux… et on ne sait plus si c’est soi-même qui donne une importance que ne mérite pas certains évènements ou certaines paroles, ou si l’autre ne sait pas voir, et ne veut pas se donner la peine de voir, ce qui compte pour nous. Sur le moment, on peut être très blessé, on a besoin de le dire, d’essayer de le faire comprendre à l’autre. Ça ne marche pas toujours, loin de là…


     La conclusion de cette année 2009? J’ai la tentation de dire aujourd’hui « plus jamais ça »…

     Les résolutions pour 2010 ? ne plus penser à une certaine personne, du moins bien moins, ça serait déjà beaucoup… Ecrire plus sérieusement, plus assidument, et ce même si le cœur me manque (sous la contrainte, peut-être ? le plus difficile étant toujours de se lancer)... Se rereremettre à faire un peu de sport… Voir du monde, rencontrer de nouvelles personnes (sous la contrainte encore ?)… Avoir confiance en soi…  Se motiver pour travailler… Se motiver pour les nombreux travaux de la maison, et ce même si on est toujours pleine de doutes…

 

C’est reparti pour un nouveau tour de manège. On remonte dans la nacelle, et on attache bien sa ceinture : il pourrait y avoir encore bien des remous...

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 19:18
     Rien de bien original en ce jour, rien de bien original dans la forme, juste vous souhaiter, à tous ceux qui liraient ces quelques lignes, une bonne et heureuse année 3010 2010, santé, prospérité, ciné, des sous, des amis (des vrais), des amours (un vrai au moins...), et surtout pas d'emmerdes (ou juste assez pour mettre un peu de sel à la vie, et avoir des choses à raconter).

Sincèrement,
Eurêka

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 22:44

     Comme un gosse qui découvre pour la première fois la mer, comme un môme qui voit tomber ses premiers flocons de neige, j’avoue avoir un peu couru pour voir de mes yeux ce paysage enneigé…  Sourire aux lèvres, bonnet de laine enfoncé sur les oreilles, le cœur en joie, impression que rien ne pourrait gâcher ce moment unique, qu’il me porterait au bout de la journée (je ne savais pas encore ce qu’elle me réservait, cette coquine…), et pourquoi pas de l’année…

     Et pourtant, je suis bien toute seule, sur cette plage. Personne d’autre ne semble prendre le temps, en ce samedi matin, de regarder l’horizon et ses cadeaux, personne d’autre n’ouvre de grands yeux ébahis devant ce paysage majestueux, personne d’autre n’immortalise cet instant de grâce où la Nature nous rappelle qu’elle n’a pas fini de nous surprendre et de nous en mettre plein la vue… Il n’y a pas à dire, on n’est pas à la hauteur, et on ne le sera jamais.

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 21:27

     Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir si vous étiez, dans l’ensemble, plutôt « faible » ou plutôt « fort » ? Vous l’a-t-on déjà dit (ou reproché) ? Vous êtes-vous déjà retenu d’un acte, pleurer ou demander pardon par exemple, au motif que ce serait faire preuve de faiblesse et que vous ne vouliez pas que l’on vous voit ainsi ? Prendre le risque de briser l’image, ôter le masque.

     C’est une question que je me pose avec plus d’insistance, ces derniers temps. Je me pose toujours des questions. On me dit même que je m’en pose trop, et surtout, pas les bonnes. Il semblerait que certaines personnes soient plus aptes que d’autres à déterminer quelles questions méritent d’être posées ou non… Bref, je me pose en particulier cette question depuis qu’une amie me disait ne pas vouloir qu’on la voit pleurer, malgré des circonstances qui pouvaient le justifier et une forte envie, et ceci parce que ce serait faire preuve de faiblesse, et que cela lui était inconcevable. Ca ne m’étonne pas.

     Ce qui m’amène à cette réflexion : vivons-nous dans une jungle dans laquelle le plus faible se fera manger par les lions, dévorer sauvagement parce que dernier du troupeau, maillon « faible » de la chaine et par conséquent devant être éliminé pour que la race perdure et soit plus forte, au fil des générations ? Si l’Homme est un animal, a-t-il gardé cet instinct grégaire, ce comportement atavique qui lui viendrait de la nuit des temps et consistant à vouloir sans cesse prendre le dessus dès qu’il en aura l’opportunité ? En donnant des mots à cette question, je me rends compte que la réponse va peut-être de soi. Peut-être vous aussi qui lisez ces lignes, avez-vous eu ce hochement d’épaules qui signifie « bien évidemment que oui ! » Toujours cette fichue naïveté qui me fait croire que, parfois, on peut tomber le masque, si ce n’est au moins devant certaines personnes, que parfois on peut laisser le vernis se fendiller, baisser la garde, et attendre des autres qu’ils nous tendent la main, sans peur que ce soit pour nous attirer vers le vide, ou « profiter » de ce moment de « faiblesse » d’une quelconque manière. Etre « fort », tout le temps, ne jamais montrer que derrière cette carapace se cachent des doutes, des peurs, ne surtout pas attendre, et encore moins demander, de l’aide de quiconque. Toujours garder ce même visage impassible et sans faille, tel Achille protégeant son talon du regard de ses ennemis. Nous ne serions entourés que d’ennemis, prêt à nous écraser à la moindre ouverture ?

 

     Une autre question (oui, encore !) : la plus grande faiblesse se cache-t-elle réellement derrière les larmes, les mots d’excuse, ou encore l’expression de doutes ? Je m’explique, du moins tente : la personne qui extériorise ses sentiments de cette manière-ci, qui par là même peut apparaître comme « faible », est-elle réellement plus « faible » que celle qui se contraint à ne le faire jamais ? N’y a-t-il jamais, derrière cette dernière personne, de failles bien plus grandes que derrière la première, des failles prêtes à les engloutir au premier lâcher prise, parce qu’il serait moins bien armé qu’il ne le pense pour y faire face ? Celui qui court plus vite que les autres, toujours dans le peloton de tête, n’a-t-il pas, en réalité, une cheville plus fragile, prête à se briser et à le laisser sur le carreau, rapidement distancé par ses congénères, même les derniers de la troupe, incapable alors de se défendre face à la lionne affamée ?

 

(Tu liras peut-être un jour ces lignes, même si j’en doute… Tu les liras peut-être et t’y reconnaîtras à coup sûr… Tu trouveras sûrement tout cela ridicule et vain… Mais je persiste et signe. Si tu es le chêne, droit et fier aux yeux du monde, qui ne plie jamais, contre vents et marées, je suis le roseau qui sans cesse se courbe, mais retrouve toujours, jusqu’ici, sa position initiale, même quand il semble en son entier toucher le sol. C’est ainsi. Jamais ne vois tes racines quitter la terre ou ton tronc se briser. C’est tout le mal que je te souhaite… Qu’aucun vent ne vienne jamais souffler sur toi au-delà de tes forces, de ce que tu pourrais supporter…)

 


Le Chêne et le Roseau

 

Le chêne un jour dit au roseau :

"Vous avez bien sujet d'accuser la nature ;

Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ;

Le moindre vent qui d'aventure

Fait rider la face de l'eau,

Vous oblige à baisser la tête.

Cependant que mon front, au Caucase pareil,

Non content d'arrêter les rayons du soleil,

Brave l'effort de la tempête.

Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphyr.

Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage

Dont je couvre le voisinage,

Vous n'auriez pas tant à souffrir :

Je vous défendrai de l'orage ;

Mais vous naissez le plus souvent

Sur les humides bords des royaumes du vent.

La nature envers vous me semble bien injuste.

- Votre compassion, lui répondit l'arbuste,

Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci :

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables ;

Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos ;

Mais attendons la fin." Comme il disait ces mots,

Du bout de l'horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants

Que le nord eût porté jusque là dans ses flancs.

L'arbre tient bon ; le roseau plie.

Le vent redouble ses efforts,

Et fait si bien qu'il déracine

Celui de qui la tête au ciel était voisine,

Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts.

 

JEAN DE LA FONTAINE

 

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 22:00

     Le virus de la grippe A (combien de recherche Gogole déjà avec ces quelques mots ?) est anti-écologique. Je m’explique. Regardez les conseils pour vous laver les mains : ouvrir le robinet, se mouiller les mains, prendre du produit, se frotter les mains en effectuant tels et tels mouvements, les rincer de telle et telle manière, prendre un morceau de papier pour s’essuyer correctement les mains, et enfin, fermer le robinet à l’aide de ce même morceau de papier.

     Rien ne vous choque ? Moi si. Vous n’avez pas remarqué ? Pendant tout le temps où vous vous êtes lavés les mains et même pendant que vous les essuyer, l’eau coule encore et encore. Je ne me risquerais pas à une évaluation de la quantité d’eau inutilement perdue, et ce plusieurs fois par jour (vous ne vous lavez pas les mains une seule fois dans la journée, rassurez-moi ?), multiplié par le nombre de personnes effectuant cette opération, mais j’imagine.

     Vous me direz, c’est logique. Si c’est pour reprendre toutes les sales bêtes que l’on a laissé juste avant de se laver les mains, aucun intérêt à le faire. Certes. Mais à ce compte-là, on ne devrait plus rien toucher de ce qui nous entoure, à commencer la poignée de la porte, ou le panneau de celle-ci, sur lequel on appuiera nonchalamment la paume de sa main afin de la pousser (la porte, pas la main). Imaginez maintenant que vous êtes dans un lieu public, que des centaines et des centaines de personnes passent chaque jour par là et appuient tous leur main à ce même endroit. Vous voyez ? ça fait peur, non ? Si vous êtes d’un tempérament méfiant à l’égard de toutes ces choses, vous allez pousser la porte de votre bras, voir à l’aide de tout votre corps, vous le ferez un certain nombre de fois ; et puis, un moment d’inattention, un mauvais réflexe, et vous poserez malencontreusement votre main sur ce maudit battant de porte…

     Et quoi faire face à la poignée de porte ? tenter un coup de coude, en espérant ne pas être vu ?

     Et surtout, surtout, évitez d’imaginer les doigts qui se seraient posés avant vous sur les fruits et légumes que vous aurez acheté… Sinon vous pourriez être tentés de les passer à la lotion hydro alcoolique… Surtout ne pensez pas à l’anse de votre panier d’hypermarché ou à la barre du caddy…

Moi, je vous le dis, c’est un truc à en devenir fou… Si on y réfléchit…

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 20:54

« Si Dieu existe, il ne faut pas y croire »

« Demain était par-delà l'horizon, il faudrait une journée entière pour l'atteindre. »

Jonathan Safran Foer, Tout est illuminé.

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 21:59

    Le téléphone portable, c’est un peu comme une brosse à dent : ça ne se prête pas. De la même manière qu’on n’aimerait pas que quelqu’un regarde dans son portefeuille ou fouille dans son sac à main – sa besace – ses poches – sa trousse de toilette - sa table de nuit (rayez la/les mentions inutiles), on ne supporte plus que l’on puisse se permettre de jeter un œil dans cet outil qui se trouve bien plus souvent dans sa main que ne s’y trouve la main d’une autre personne, qui constitue aujourd’hui à la fois un instrument de technologie high-tech, un bijou, un lecteur mp3, un journal intime, un album-photo et un appareil-photo, un mot doux glissé dans la poche de l’être aimé sous la forme nouvelle d’un texto, et, accessoirement un moyen de communication permettant d’entendre la voix d’une autre personne (si si, même le votre le fait). Avec mon tout nouveau tout beau téléphone portable (manquerait plus qu’il soit laid !), je pourrais même, si tout se passe bien, surfer sur le ouaibe, discuter sur Mess*nger, et éventuellement lire des fichiers texte (la seule condition étant de me faire greffer de nouveaux yeux bioniques, la technologie avançant encore plus vite que ma vue ne baisse).

     Tout ça pour dire que, aujourd’hui, on ne laisserait pas quelqu’un farfouiller librement dans son téléphone, au risque qu’il ne puisse voir ou lire ce qui se trouve à l’intérieur. Photos compromettantes, sms  peu ou pas du tout ambigus, sites internet dans les favoris et qu’on pourrait préférer rester confidentiels, musique qu’on a honte d’écouter, ou autre raison de sentir son intimité violée par une telle intrusion. Bref, qu’on nous demande simplement de jeter un œil sur son portable pour voir ce petit bijou, et on devient suspicieux, anxieux, on le tend en serrant les dents et en gardant un œil sur les explorations de l’inquisiteur, prêt à arracher des doigts son précieux bien, préparant à l’avance la phrase à dégainer : « Attends, je vais te montrer un truc génial qu’il sait faire !», en penchant l’appareil pour en apprécier le formidable accéléromètre. Oui, dans ces moments-là, il faut être vif, toujours aux aguets, car jamais l’on n’est à l’abri de l’appui maladroit sur une touche compromettante qui révèlerait au curieux ses plus bas instincts qu’il préfèrerait, tout comme vous, ignorer, au risque de ne jamais plus vous regarder du même œil naïf.

 

     Hin hin ! N’êtes-vous pas  comme moi en train de vous dire que, si votre propre téléphone répond à ces mêmes caractéristiques, c’est donc qu’il est probable que la/les personnes qui se trouvent juste à côté de vous à l’instant même, et toute personne de votre connaissance, pourraient elles-aussi avoir le même type de choses à cacher, et que par conséquent, leur téléphone commence à prendre à vos yeux un intérêt tout particulier et nouveau, entre soif de savoir et perversité lubrique ? Allez, avouez-le ! Vous êtes partagé, comme vous le seriez en présence d’un journal intime, entre votre curiosité toute innocente (ou pas) et la sensation de ne vouloir surtout pas savoir, que ce qui est secret doit parfois le rester, et que le choc pourrait être trop grand pour vous, face aux ténébreuses révélations.

Non, je vous le dis, résistez fermement à la tentation comme je le fais moi-même quand ma sœur me dit de ne surtout pas lire ce texto, au risque d’en être choquée.

 

(Mais non, je n’ai rien à cacher dans mon téléphone… Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?  Juste, le premier qui y touche, je ne manquerais pas de lui rappeler par la démonstration les supplices des temps anciens…)

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