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La Face Cachée

  • : Le blog de Eurêka
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Albert Einstein

"La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre."

Juste par curiosité...

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 22:16
n.m. (féminin: auvergnate), éthnologie. Membre de la tribu qui peuple la région française dite "Auvergne". L'auvergnat est un homo sapiens et fait partie intégrante de l'espèce humaine. Familièrement nommé "bougnat", on lui attribue fréquemment dans l'inconscient collectif certains artifices tels que le béret, la salopette, le litron de rouge, un teint rougeaud ou encore la baguette de pain sous le bras (on reconnaitra ici l'image d'épinal du Français moyen), ainsi que des traits de caractère tels qu'un sens de l'économie proche du radinisme pour des membres d'autres tribus, un tempérament bourru, ringardise et côté "vieille France".

     L'ethnologie consistant en une étude scientifique, elle implique l'expérimentation et nécessite de tenter de s'intégrer aux espèces étudiées, afin d'en connaître tous les rouages et d'en approcher un maximum d'individus.
     Ainsi, je tente actuellement une plongée dans cette contrée et au sein de cette peuplade, afin d'élaborer ma propre théorie et ce de manière le plus objectif qui soit. C'est donc en toute impartialité et forte de mes quelques semaines d'imprégnation que je peux à présent commencer de dévoiler le résultat de cette approche.
      Voilà les toutes premières conclusions : l'auvergnat est un individu sympathique, accueillant et gentil (au sens noble du terme). Derrière une façade parfois bourrue et renfrognée, se cache un être sensible, poli, de belle humeur et profondément, véritablement, aimable.

     Je poursuis actuellement mes recherches afin de connaître mieux l'auvergnat (et l'auvergnate), ses coutumes, ses habitudes, sa psychologie...

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 21:59

    Le téléphone portable, c’est un peu comme une brosse à dent : ça ne se prête pas. De la même manière qu’on n’aimerait pas que quelqu’un regarde dans son portefeuille ou fouille dans son sac à main – sa besace – ses poches – sa trousse de toilette - sa table de nuit (rayez la/les mentions inutiles), on ne supporte plus que l’on puisse se permettre de jeter un œil dans cet outil qui se trouve bien plus souvent dans sa main que ne s’y trouve la main d’une autre personne, qui constitue aujourd’hui à la fois un instrument de technologie high-tech, un bijou, un lecteur mp3, un journal intime, un album-photo et un appareil-photo, un mot doux glissé dans la poche de l’être aimé sous la forme nouvelle d’un texto, et, accessoirement un moyen de communication permettant d’entendre la voix d’une autre personne (si si, même le votre le fait). Avec mon tout nouveau tout beau téléphone portable (manquerait plus qu’il soit laid !), je pourrais même, si tout se passe bien, surfer sur le ouaibe, discuter sur Mess*nger, et éventuellement lire des fichiers texte (la seule condition étant de me faire greffer de nouveaux yeux bioniques, la technologie avançant encore plus vite que ma vue ne baisse).

     Tout ça pour dire que, aujourd’hui, on ne laisserait pas quelqu’un farfouiller librement dans son téléphone, au risque qu’il ne puisse voir ou lire ce qui se trouve à l’intérieur. Photos compromettantes, sms  peu ou pas du tout ambigus, sites internet dans les favoris et qu’on pourrait préférer rester confidentiels, musique qu’on a honte d’écouter, ou autre raison de sentir son intimité violée par une telle intrusion. Bref, qu’on nous demande simplement de jeter un œil sur son portable pour voir ce petit bijou, et on devient suspicieux, anxieux, on le tend en serrant les dents et en gardant un œil sur les explorations de l’inquisiteur, prêt à arracher des doigts son précieux bien, préparant à l’avance la phrase à dégainer : « Attends, je vais te montrer un truc génial qu’il sait faire !», en penchant l’appareil pour en apprécier le formidable accéléromètre. Oui, dans ces moments-là, il faut être vif, toujours aux aguets, car jamais l’on n’est à l’abri de l’appui maladroit sur une touche compromettante qui révèlerait au curieux ses plus bas instincts qu’il préfèrerait, tout comme vous, ignorer, au risque de ne jamais plus vous regarder du même œil naïf.

 

     Hin hin ! N’êtes-vous pas  comme moi en train de vous dire que, si votre propre téléphone répond à ces mêmes caractéristiques, c’est donc qu’il est probable que la/les personnes qui se trouvent juste à côté de vous à l’instant même, et toute personne de votre connaissance, pourraient elles-aussi avoir le même type de choses à cacher, et que par conséquent, leur téléphone commence à prendre à vos yeux un intérêt tout particulier et nouveau, entre soif de savoir et perversité lubrique ? Allez, avouez-le ! Vous êtes partagé, comme vous le seriez en présence d’un journal intime, entre votre curiosité toute innocente (ou pas) et la sensation de ne vouloir surtout pas savoir, que ce qui est secret doit parfois le rester, et que le choc pourrait être trop grand pour vous, face aux ténébreuses révélations.

Non, je vous le dis, résistez fermement à la tentation comme je le fais moi-même quand ma sœur me dit de ne surtout pas lire ce texto, au risque d’en être choquée.

 

(Mais non, je n’ai rien à cacher dans mon téléphone… Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?  Juste, le premier qui y touche, je ne manquerais pas de lui rappeler par la démonstration les supplices des temps anciens…)

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 14:10
     Et après avoir visionné cette petite vidéo, vous ne penserez plus que tous les rottweillers sont des bêtes sauvages et dangereuses. Non, certains, beaucoup, sont rien que des gros toutous avec un coeur qui bat en dedans, capables d'émotions et tout et tout (m'enfin, loin de moi l'idée de vous encouragez à vouloir faire un gros calin au premier rott croisé dans la rue, acte à éviter d'ailleurs avec les yorks ou autres bêtes à dents).

Impressionnant, n'est-ce pas?

"Si l’on pouvait croiser l’homme et le chat, ça améliorerait l’homme, mais ça dégraderait le chat."
Mark Twain

"Le chat pourrait très bien être le meilleur ami de l’homme, mais il ne daignerait jamais le reconnaître."
Doug Larson


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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 18:47
     Il faisait sombre dans la cuisine lorsque je la traversais sans prendre la peine d'allumer, ne prêtant attention à pas grand chose, et surtout à rien, comme l'on traverse un couloir qui n'a d'existence que parce qu'il mène d'une pièce à l'autre.
     Je ne pensais à rien, sauf à retourner m'étendre sur le canapé, en attendant que le sommeil m'ordonne de rejoindre ma chambre.
     Quand soudain, mes yeux sont comme accrochés par une forme noire au sol. Une feuille? Une épluchure sauvage qui aurait giclé au sol beaucoup plus tôt et sans que je ne m'en aperçoive? J'aurais pu net me baisser et m'en saisir. Mais je reste en arrêt. La forme est caractéristique. Je la connais. Je la reconnais. Un Y qui me paralyse... Non, je dois me tromper. Non, mon cerveau me joue encore des tours. Il aime à me faire peur, à me faire voir ce qui n'est pas, comme lorsque l'on sent sur sa peau un chatouillement et qu'il nous fait immédiatement penser que quelque chose nous a frôlé, alors qu'il n'en est rien. Garder les idées claires. Pour se faire, allumer. Revenir et jeter un oeil 9 n'oeuf neuf. Et voir. Oui, c'est bien ça, je n'ai pas rêvé : c'est bien un scorpion qui se trouve au milieu de ma cuisine. La queue abaissée, il ne semble pas agressif, donc il semble mort (oui, le scorpion est un animal peu sympathique au demeurant). Que faire? Avec quoi avais-je mis fin aux jours du précédent? Hésitation. Le ramasser et le glisser dans un sachet pour montrer à tous comme il est trop beau mon scorpion, ce qui veut dire tenir le sachet et la bête? Et si on s'assurait d'abord que la vie l'a quitté? Mmm?  Lui prendre le poul? Noooon! Je vous le déconseille, mais moi, c'que j'en dis... Je pris donc la pelle et la balayette, prête à me résoudre à jeter l'intrus hors de ma maison. Mais à peine la pelle l'avait-elle effleuré, qu'il partit droit se cacher derrière une bouteille qui se trouvait non loin. Horreur, la bête vivait encore. Il me fallait vivre avec cette idée et envisager l'hypothèse qu'elle s'était peut-être glissée derrière le meuble, et que là, il me faudrait arriver à trouver le sommeil malgré sa présence tout près et son envie évidente de me sauter à la gorge dès que j'aurais les yeux fermé. Garder son calme. Réfléchir. Attraper le goulot de la bouteille - et donc s'en rapprocher clairement - et la soulever doucement afin de voir derrière elle. Le monstre est là, toutes dents dehors. C'est lui ou moi, je le sais. Son arme est encore baissée, mais je sais que, si sa piqure n'est pas mortelle, elle entraîne des souffrances que je ne suis pas prête à endurer (c'est ma maman qui me l'a dit que le scorpion, ben ça fait mal!).   Je connais aussi la vivacité et l'agressivité dont il peut faire preuve, et je n'ai pas envie de me laisser endormir par son aspect moribond. Méfiance... Seulement soyons réaliste : face à un scorpion au sommet de sa force, je ne ferais pas le poids. Je n'aurais plus qu'à prendre mes jambes à mon cou. Là, j'ai une chance, une bonne. J'attrape une chaussure avec un bon talon, et je me tiens prête. Et, le plus rapidement possible, je lui assène un coup. Raté, il bouge... Ni une ni deux, je recommence, plusieurs coups, la peur au ventre, et le résultat est un massacre, une véritable boucherie, son corps est morcellé et ses entrailles tapissent mon meuble (du moins l'angle en bas à droite). Pourtant il me semble percevoir comme un léger mouvement dans son pique effrayant.
Eurêka 1 - Scorpion 0
     Le monstre n'est plus. Mais son fantôme rôde encore... Je sens sa présence partout, comme si toutes les bêtes de la Terre s'étaient données rendez-vous chez moi, ce soir-là. Un léger chatouillement sur le bras, et je sens la sueur perler sur mon front...

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 17:23
"S'il fallait tolérer aux autres tout ce qu'on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable".
Courteline

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 18:24
Mais où s'arrêtera-t-elle? (Toujours pas le coeur à lui couper la tête...)






Euh... oui, en effet, le laurier rose derrière fait grise mine, par contre...

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 21:10

     On cherche tous, enfin je crois pour la plupart, à être aimé. (« La seule force, la seule valeur, la seule dignité de tout ; c'est d'être aimé. » Charles Péguy, Extrait de Notre jeunesse) Non pas à être aimé de tout le monde, mais de quelques uns, voire de manière inconditionnelle d'une personne. La plupart des gens recherchent ça. On cherche toujours à séduire, d'une certaine manière, même si ce n'est que dans le cadre professionnel ou amical. On n'utilise juste pas les mêmes armes selon les circonstances, on adapte son matériel à la situation. Ainsi le chanteur tentera de séduire par tout moyen son auditoire pour obtenir de celui-ci l'amour qu'il en attend, le bénévole d'une œuvre caritative donnera de lui-même pour voir ce qu'il verra dans le regard des personnes aidées (je le crois), l'élève se réjouira du mot d'encouragement ajouté à la notation de sa copie par le professeur qu'il apprécie.

« L'écrivain écrit pour être aimé. Il est lu sans pouvoir l'être. »

 (Jules Renard, Extrait des Lettres choisies)

« Ne pas confondre : les comédiens périssent faute d'être loués, les hommes vrais faute d'être aimés. »

( Friedrich Nietzsche, Extrait de La volonté de puissance)


      On est tous en recherche de cet « amour », mais peut-être dans des doses différentes. On a besoin de sa dose, parfois comme d'une drogue. On recherche le regard, ou les regards, dans lequel ou lesquels on pourra se voir, dans lequel on pourra se regarder vivre et exister, ce regard qui nous donnera vie, qui nous fera nous sentir vivant. Il suffit d'un regard, un seul, d'une intensité particulière, pour que le soleil brille plus que d'habitude ou pour qu'on se sente plus léger. Il suffit qu'on se voie dans ces yeux, qu'ils nous voient différemment, que l'on s'y sente choyé, admiré, que l'on sente qu'ils se posent différemment sur nous que sur les autres, qu'ils nous portent une attention toute différente à celle qu'ils portent aux autres, et à celles que les autres yeux portent sur nous.

« C'est pour s'entendre dire qu'on est parfait et se voir adorer qu'on veut être aimé. »

( Alfred de Vigny, Extrait de Cinq-Mars)

     Il suffit de ce regard-là, et des mots qui l'accompagnent, pour qu'on se sente vivant et pour qu'on ait peur de le perdre, pour qu'on en devienne dépendant. N'est-on en vie que dans le regard des autres ? N'est-on vivant que parce que l'on vit dans le regard de quelqu'un ? A-t'on besoin de ça pour exister ?


« Non, être aimé ne donne pas le bonheur. Mais aimer, ça c'est le bonheur! » (Hermann Hesse, Extrait de Klein et Wagner)

Ou « Tous les trésors de la terre ne valent pas le bonheur d'être aimé. » (Calderon) ?

Le bonheur, ne serait-il pas plutôt de connaître les deux à la fois, en même temps, et avec une seule et même personne ?


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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 12:54




"Le spectacle de la nature est toujours beau."

Aristote
J'aurais bien envie tout de même d'ajouter : enfin, presque toujours.

Il faudra bien pourtant que je l'arrache de là, avant d'être rapidement envahie. Oh, et puis je crois que finalement, je vais me laisser envahir...

"Vous arrivez devant la nature avec des théories, la nature flanque tout par terre."

Pierre-Auguste Renoir

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 11:44

 

 


-          Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu ne serais pas par hasard en train de me faire des grimaces ?

-          Non, vois-tu, c'est à moi-même que je les fais, du moins à mon double. Je te ferais remarquer que ce lâche me renvoie les mêmes grimaces, depuis l'intérieur de sa prison de verre, de sa cachette.

-          Et pourquoi le grimaces-tu ? N'est-ce pas toi qui as commencé ?

-          Je ne saurais le dire. Je suis arrivée là et quand j'ai levé les yeux sur toi, il se tenait devant moi et semblait faire une drôle de tête. Je suis sûre que déjà il me cherchait et attendait une réaction de ma part.

-          Il te cherchait querelle, donc, penses-tu ?

-          Non non, je ne sais pas... Peut-être ne souhaitait-il que s'amuser, peut-être avait-il pris lui aussi la même décision que moi, la même résolution...

-          Ah bon ? Toi, tu as pris une décision ? Si tu t'y tiens autant qu'à celle de déménager avant l'été, je crois qu'un éclat de rire me réduira en mille morceaux et qu'il te faudra alors en prendre une autre encore : celle de me changer !

-          Ahhh je te remercie de ton soutien ! Merci, merci encore de te moquer de moi ! Je ne sais même pas pourquoi je discute avec toi ! Les décisions, très cher, il faut parfois savoir les assouplir pour tenir compte d'éléments indépendants de nous ou encore des aléas de la vie, et là, ce n'était pas le moment, figure-toi !

-          Ahahah ah arrête, je ne vais pas pouvoir me retenir, et déjà je sens quelques vibrations et des fêlures qui me titillent ! C'est trop drôle ! Tu sais très bien qu'il n'y a pas que ça, que tu as douté, que tu as peur encore !

-          Pff je ne sais décidément pas pourquoi je te parle ! Tiens, je m'en vais !

-          Non non, reste voyons ! Ne te vexe pas ! Et puis, reconnais-le, tu sais que j'ai raison... Je veux savoir : alors, cette décision, quelle est-elle ? Après tout, même si tu ne la tiens pas, je vois bien qu'elle t'a changé et rendu le sourire.

-          Justement, voilà ma décision : tu as bien vu que je n'avais pas trop le moral, ces derniers jours, que je traînais derrière moi mon spleen comme un condamné traîne ses chaînes. Et bien voilà, j'ai décidé de retrouver mon optimisme, de récupérer mes espoirs, que j'avais mis de côté un temps, pensant qu'ils ne me serviraient jamais, qu'ils étaient vains.

-          Tu avais donc perdu tes espérances ?

-          Non, je les avais rangées dans une boite, je n'en voyais plus l'utilité. Je les avais rangées avec mes utopies, ces visions idéalistes que l'on sait par nature irréalisables. Il m'a suffit de prendre la décision de rouvrir cette boite pour que, d'un seul coup, ma foi revienne.

-          D'un coup ?

-          D'un coup, je t'assure ! Comme un sursaut ! La décision était prise, il ne s'agissait plus de discuter, de tergiverser. Je venais de me mettre un mémorable coup de pied dans le derrière qui m'a remis en selle. La seconde précédente, j'avais envie de pleurer, de geindre sur mon petit sort, et pof, j'avais décrété que j'arrêterai de me morfondre.

-          Pof ?

-          Oui pof ! Comme ça, comme un choix de tous les jours, comme j'aurais opté entre fromage ou dessert, certes choix difficile pour ma part.

-          Et tu t'y tiens pour l'heure ? C'est donc si simple que cela, de croire ou de ne pas croire ?

-          Simple, je dois te l'avouer, non... Mais il est tellement plus agréable de croire que tout peut être mieux, plutôt que de pleurer sur nos illusions perdues, plutôt que d'avancer sans plus aucun espoir et que s'apitoyer sur sa vie, tout en culpabilisant de cet apitoiement puérile et égocentrique, que l'on réalise vite qu'il est plus facile - oui, plus facile - de continuer la route en pensant que l'on va quelque part, plutôt que de se dire qu'elle mène à une impasse. Le grimpeur ne se dit pas : « au prix de tant d'efforts, il me faudra ensuite redescendre » mais plutôt « j'atteindrai le sommet ». Pourquoi grimperait-il, sinon pour voir la beauté qu'il y a là-haut ? Les difficultés sont tellement plus faciles à affronter quand au bout, on sait - on croit - que la récompense en vaut vraiment la peine.

-          Je me proclame donc huissier de ta décision ! Sur ton visage, chaque jour, je contrôlerai si tu t'y tiens !

-          Je doute que l'idée de me présenter chaque matin devant un huissier égaye et enchante mon réveil ! Quel piètre compagnon tu fais...

-          Pensais-tu donc que je te simplifierais les choses ?

-          Si tu savais combien je doute de toi...

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 21:59

-          Il faut qu'on parle, toi et moi !

-          Ah bon ?

-          Oui, on m'a dit qu'il le fallait.

-          Mais qui a pu te dire d'avoir une telle démarche ?

-          Et voilà, j'en étais sûre, déjà tu détournes la conversation ! Rien ne m'étonne moins de ta part ! Tu es vraiment incorrigible, et je savais que tu ferais tout pour ne pas avoir à aborder le sujet qui m'amène vers toi ! D'ailleurs, je crois que j'ai eu tort de m'adresser à toi.

-          Et voilà qu'elle recommence, elle me la joue encore la fille vexée et boudeuse, qui a en fait tout fait pour en arriver là ! Que crois-tu ? Moi-aussi je te connais, à force de te voir tous les matins, et repasser à de maintes reprises dans la journée te laver les mains ! Allez, vas-y, ne fais pas ta tête de mule, et causons, puisqu'une personne bien intentionnée t'en a soumis l'idée...

-          Miroir, mon bon miroir... tout d'abord, permets-moi de te prier de me pardonner pour les trop nombreuses agressions de dentifrice que je t'inflige.

En effet, si je m'adresse à toi, c'est parce que tu me connais si bien, puisque nous nous croisons sans cesse. Toi seul me découvre chaque matin échevelée, le visage crispé pour tenter d'entrouvrir suffisamment les yeux et voir ce que je fais. Parfois, j'y renonce même, ma face se détend, mais mes yeux restent clos. Toi-seul me retrouve un peu plus tard, rassasiée. Vers toi seul je retourne sans cesse, tout au long du jour. Et toi seul, quand le règne de la nuit est venu, tu me vois passer, tel un zombie, parfois à moitié endormie, parfois à moitié éveillée, parfois prête à n'importe quelle expédition punitive pour retrouver Morphée. Ce coquin, qu'il soit damné !!! Et voilà, à l'évocation de son nom, je ne me contiens plus, je fulmine, je ronchonne et je deviens nerveuse...

-          Oh la ! Tu n'as pas tant l'habitude de me faire de si longs discours ?!! Il doit être bien important, le sujet dont tu souhaites m'entretenir, pour que tu prennes la peine de t'adresser à moi de la sorte, en reconnaissant la dimension de nos rapports. Qu'est-ce ?

-          Je ne reconnais rien du tout, et si tu es celui qui me voit le plus souvent, ce n'est pas en raison de mon affection à ton égard, mais bel et bien une sacrée déconvenue de ne pouvoir mieux faire et de ne réussir à te donner une concurrence digne de ce nom !

-          En gros, c'est avec regrets que tu admets que je suis le plus présent de tes admirateurs, et peut-être le seul !

-          Allons, voyons, tu ne m'admires pas, mais me mirent seulement... Et je ne m'admire pas non plus en toi. Justement...

-          Justement ? Irais-tu jusqu'à prétendre que je fais mal ma besogne, que je suis un mauvais miroir, te renvoyant une image qui n'est pas celle que tu voudrais y voir ? Remettrais-tu en cause mes capacités ? On ne m'a jamais fait un tel reproche !

-          Jeune tu es donc encore ! Et je reconnais dans le mot de « besogne » tout le plaisir que tu mets à ta tâche ! Chaque matin, donc, toi-aussi, tu te réveilles embrumé et morose, et tu te dis : « voilà ma tâche, mon labeur, ma corvée ! » ? Te voilà démasqué !

-          Encore une fois, elle me charge de tous ses maux ! S'en est trop ! Pourquoi faut-il toujours voir en le reflet le seul coupable, au lieu d'accuser le seul fautif, l'original ???

-          Tu me sembles bien philosophe, aujourd'hui ! Notre dispute m'aura au moins permis de découvrir cet aspect-là de toi.

-          Moi, un philosophe ? C'est drôle. J'ai parfois l'impression que nous sommes, nous autres qui semblons si glacés, un peu aussi les miroirs des âmes.

-          Que de grands mots ! Que de grandes fonctions tu t'attribues, prétentieux que tu es !

-          De quoi donc voulais-tu que nous discutions ? Ne souhaitais-tu pas en réalité, m'entretenir de toi, et pas seulement de cette image que tu vois ? Toutes ces simagrées ne sont-elles pas une manière détournée de ne pas en arriver là ?

-          Tu me feras part de tes théories une autre fois : j'ai maintenant à faire.

-          Tu ne veux donc plus causer ? Mais quoi donc fuis-tu ? Ou qui ? toi-même peut-être ?

-          Je ne me fuis pas : au contraire, je me cherche.




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