S'il y a un objet dont je me sers plutôt rarement, c'est bien la carte bleue. Et ceci pour diverses raisons. Je m'en sers pour quelques achats sur le net et pour réserver mes hôtels. C'est quasiment les seules cas. Et puis l'autre jour, je me suis achetée une imprimante (une superbe multifonction qui fait plein de trucs mega trop géniaux, et pour seulement 49€) (précision très intéressante, vous en conviendrez), et je n'avais pas le choix, il fallait que j'utilise ce truc rectangulaire et bleu. J'en fais quoi M'dame? C'est quoi déjà mon code? Et hop, c'était plié, je repartais avec ma magnifique imprimante multifonction pour seulement 49€. Dans la voiture, la chambre d'hôtel (mais si, je vous ai déjà parlé de l'air ébahi du jeune réceptionniste, qui m'a même demandé par la suite à voir ma chambre... par curiosité... Du coup, à chaque fois qu'il me voit, il est quasi mort de rire)(vaut mieux faire rire que pleurer), et on n'en parle plus.
Et voilà justement où je veux en venir. J'ai réalisé de nouveau ce jour-là le côté pervers de cette carte. Si si, y a de la perversité derrière cet objet-ci. J'ai réalisé que j'avais fait cet achat de manière beaucoup plus légère que je l'aurais fait en devant sortir 50 balles de ma poche, le tout en jolies images de ponts. On réalise beaucoup moins la somme à débourser quand tout se fait sans qu'on en voie réellement la couleur. Bref, c'est moins douloureux.
Diantre, me direz-vous (ah ben non, p't-être pas), tant mieux si ça fait moins mal! Sauf que cette facilité d'achat par ce petit bout de plastique, ce début de non conscience de l'argent dépensé, commence à expliquer pourquoi tant de gens se retrouvent endettés sans pour autant avoir ce qu'on pourrait qualifier de faibles revenus. Si si, il y en a : j'en connais. Cela l'explique, mais ne le justifie en rien à mes yeux. Surement parce que c'est moi aussi qui me retrouve avec des chèques sans provision de la part de clients, pour des achats bien loin d'être essentiels (j'suis réaliste). Ça m'énerve, voire ça m'exaspère.
Certains alors auraient l'idée saugrenue de me traiter de radine. Je leur répondrais que non, je suis seulement économe (et pis un peu auvergnate aussi). Et si je ne l'étais pas, et bien soit je vivrais sous un des beaux ponts de nos « chers » billets, soit j'aurais choisi un autre métier. Je compte donc, par obligation, et aussi parce que j'aurais horreur d'avoir des dettes ou de devoir me dire qu'il ne me reste que 10€ pour finir le mois alors qu'on est seulement le 5.
Mais ça ne m'empêche en rien d'aller au resto, ou d'acheter des légumes bio ou des produits issus du commerce équitable. Faut juste savoir faire des choix, certes pas toujours les bons ou qui laissent un goût amer (je me doute que mon imprimante pas chère n'est ni équitable, ni écolo... d'un autre côté, je ne crois pas que cela existe...).
Mais au fond, je suis comme beaucoup : je rêve d'avoir un compte en banque bien fourni et de pouvoir faire fumer la carte dès que l'envie m'en prendrais...