Tout ce qui me fait débloquer.
Ouf, on prend quelques inspirations et on se détend. Pas facile après un film pareil. pas facile quand on a ressenti tant de choses à la fois. Pas facile quand on est sorti de la salle le coeur gros, en évitant de croiser le regard des autres spectateurs. Il faut dire que, sur la dizaine de personnes qu'il y avait dans la salle (séance à 3€ au lieu de 5€50 pour cause de fête du cinéma!), aucun ne semblait avoir envie de partir, comme si aucun n'arrivait a s'extirper de son siège. Le film fini, le générique arrivé à sa fin, chacun buvant le moindre mot de Reggiani (ils en valent tant la peine), le noir se fit sur l'écran, et personne pourtant n'osa émettre un son, de peur de rompre quelque chose, de peur de craquer peut-être (moi j'étais au bord des larmes, avec comme une boule dans la gorge). Le noir dans la salle, le noir sur l'écran, le silence des hauts-parleurs, le silence des spectateurs. Moment unique. Instant de grâce. Communion. Il m'a semblé qu'il y avait plus de choses dans ce silence, qu'il en disait plus que dans toutes les conversations qui peuvent suivre une séance de cinéma. Plus de partage de ce que l'on ressentait que dans tous les débats post-visionnage.