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Tout ce qui me fait débloquer.

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Deux jours à tuer

     Ouf, on prend quelques inspirations et on se détend. Pas facile après un film pareil. pas facile quand on a ressenti tant de choses à la fois. Pas facile quand on est sorti de la salle le coeur gros, en évitant de croiser le regard des autres spectateurs. Il faut dire que, sur la dizaine de personnes qu'il y avait dans la salle (séance à 3€ au lieu de 5€50 pour cause de fête du cinéma!), aucun ne semblait avoir envie de partir, comme si aucun n'arrivait a s'extirper de son siège. Le film fini, le générique arrivé à sa fin, chacun buvant le moindre mot de Reggiani (ils en valent tant la peine), le noir se fit sur l'écran, et personne pourtant n'osa émettre un son, de peur de rompre quelque chose, de peur de craquer peut-être (moi j'étais au bord des larmes, avec comme une boule dans la gorge). Le noir dans la salle, le noir sur l'écran, le silence des hauts-parleurs, le silence des spectateurs. Moment unique. Instant de grâce. Communion. Il m'a semblé qu'il y avait plus de choses dans ce silence, qu'il en disait plus que dans toutes les conversations qui peuvent suivre une séance de cinéma. Plus de partage de ce que l'on ressentait que dans tous les débats post-visionnage.

   Et puis, la lumière. Comme surpris, les gens se lèvent, gardent encore quelques secondes de silence, et, petit à petit, quelques mots sortent, chuchottés, discrets, on n'ose pas encore entièrement regarder les autres, on fuit leur regard, on se recompose un visage, un masque peut-être.

Je fais en sorte d'être la dernière à sortir. Mais je suis la première à éviter leurs yeux. Pudeur. Gêne.

   Il y a des films qui font rire, il y a ceux qui font pleurer, il y a ceux qui dérangent, il y a ceux qui font réfléchir, il y a ceux qui, d'une certaine manière, font souffrir, il y a ceux qui font du bien, mais parfois seulement au bout d'un certain temps, il y a ceux qui émeuvent... Et puis, il y a ceux qui sont tout à la fois.

C'est le cas de celui-ci.

   Non, je ne suis pas toujours bonne spectatrice. Les films comiques ne me font pas tous rire, les drames
ne me font pas tous pleurer, les films romantiques ne m'émeuvent pas toujours. Parfois même tout s'inverse : je ris d'un drame, je pleure devant le côté navrant d'un film sensé être drôle, ou devant une comédie sentimentale.

   Là, il faut que je le dise, ce film m'a bouleversée du début jusqu'à la fin. Bouleversée, c'est bien le mot en fait. Il ne faut pas aller voir ce film pour aller bien, parce qu'on a besoin de se détendre, de décompresser, de se changer les idées. Non. Ou alors c'est moi. Je ne sais pas. Ce film, malgré les rires lâchés de ci de là, je l'ai souffert. Si, c'est bien le mot. Comme un poids sur la poitrine tout du long.
Et l'envie de chialer un bon coup à la fin. Les larmes aux yeux, on se retient encore. C'est plus fort que nous, c'est dans notre culture, dans notre éducation. Une pudeur placée là on ne sait trop pourquoi. Ne pas montrer. Ne pas faiblir. Serrer les dents. Noyer ses sentiments.

   Et puis c'est malin aussi de nous mettre Dupontel dans le rôle principal de ce gars qui dérape, on ne sait trop pourquoi (ou plutôt si, on sait, mais cela n'a pas d'importance)!!! Cet acteur qui est l'un des meilleurs à mes yeux, et là maintenant tout de suite, j'ai envie de dire le meilleur! Cet acteur qui a su si bien faire passer la souffrance du personnage tout du long, pour arriver à nous faire souffrir avec lui.

   Pour finir, si vous n'avez pas encore craqué, si vous êtes encore fringants, vous ne pourrez que flancher en écoutant les mots de Reggiani, Le temps qui reste. Et puis l'inverse aussi, du moins dans mon cas : le film donne corps à la chanson.




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N
Perso, j'ai eu un peu de mal à digerer le livre, il va falloir que je vois le film, qui semble quelques peu différent...
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E
<br /> Je dois avouer que le film met un peu mal à l'aise. Mais l'interprêtation de Dupontel fait selon moi toute la différence...<br /> <br /> <br />
C
Question d'habitude... J'anticipe les reflexions de citadins jaloux de ne pas avoir connu le trou du cul du monde!!!
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E
<br /> Ouep, mais moi je le connais! Il en a même plusieurs, et je vis dans l'un d'eux...<br /> <br /> <br />
C
5,50€ !!!! J'en reste sans voix....! Même moi, au fin fond de mon Auvergne natale (on ne se moque pas!), la dernière fois que j'y suis allée la place était à 6,20€ (et c'est un petit, tout petit cinema!).
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E
<br /> En fait, c'est plus drôle : 5€5O, c'est le tarif réduit. Mais il est pour tout le monde et tout le temps! Avec un tarif ultra-réduit le dimanche matin (3€).<br /> Ahhh l'Auvergne! Et pourquoi donc je me moquerais? M'enfin!<br /> <br /> <br />
V
Ah ben en voilà un bel exemple de "simplicité volontaire"!<br /> Si par un miracle on rrive à caser le globule un de ces 4 j'emmenerais bien ma Douce voir ce film. Comme toi je suis assez fascinée par Dupontel...<br /> Pour les tarifs du ciné c'est 9,90€ au MK2 Bibliothèque.<br /> BBBBOUUUUUhhhh!
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E
<br /> 9€90? NON!!!!!!!!!!!!!!!!! C'est pas possible! M'enfin, à ce prix-là, je fais des économies, c'est sûr: je n'y vais pas du tout.<br /> Rhôôô, puis tu verrais mon petit ciné avec ses deux petites salles: le Lux et le Rex...<br /> Ben, moi je vous l'aurais volontiers gardé votre globule, mais ça fait un poil loin... et pas dit que je le rende.<br /> <br /> <br />
C
Certes, mais ça reviendrait à encore plus cher. Et, pour répondre à la première question : grandes salles oui, beaucoup de monde, pas forcément vu que j'y vais, de préférences, en semaine.
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E
<br /> En tout cas, si tu vois un bon film, n'hésite pas à passer me le signaler.<br /> <br /> Oui, mais quand même: 9 €!!!<br /> <br /> <br />