Vous ne pouvez pas me voir, mais vous pouvez me croire : en ce moment, je suis en train de sourire bêtement, de ce sourire niais qui est relié directement aux yeux pour y mettre des étoiles. Et là encore, c'est rien à côté de ce matin quand je lisais un mail que j'ai reçu cette nuit, enfin du moins ce matin, enfin envoyé cette nuit et reçu ce matin.
Cette bêtise-là, je l'assume totalement, entièrement, c'est d'elle dont se nourrit mon humeur, ou plutôt ma bonne humeur.
Vous connaissez, je l'espère, ce sentiment de béatitude à la lecture de quelques mots écrits tout exprès à votre intention par une personne dont vous devinez sur les lèvres ce même sourire à l'instant de taper sur son clavier (ou de faire glisser son stylo sur sa page blanche...). Ce sentiment-là, on voudrait qu'il dure encore et encore, qu'il ne prenne jamais fin. On serait presque prêt à tout pour cela, peut-être même à maintenir la situation en l'état, à faire en sorte qu'elle n'évolue pas d'un brin, pour ne pas prendre le risque fort élevé de perdre tout, de perdre ce que l'on a pour ne rien trouver en retour que la déception, le chaos, et ne plus que garder le souvenir d'un moment béni des dieux où tout semblait possible, où tout paraissait si beau.
Pourtant, je sais bien que les choses ne restent jamais très longtemps en l'état et qu'il faut profiter de ce que l'on a quand on l'a. Alors je profite un maximum de ce plaisir-ci, je l'exploite, le fais fructifier, lis et relis encore ces lignes quand je sens qu'il est près de m'échapper.
Tiens, d'ailleurs, je crois que je vais y retourner...