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Tout ce qui me fait débloquer.

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Briser la glace (2)

 

 


-          Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu ne serais pas par hasard en train de me faire des grimaces ?

-          Non, vois-tu, c'est à moi-même que je les fais, du moins à mon double. Je te ferais remarquer que ce lâche me renvoie les mêmes grimaces, depuis l'intérieur de sa prison de verre, de sa cachette.

-          Et pourquoi le grimaces-tu ? N'est-ce pas toi qui as commencé ?

-          Je ne saurais le dire. Je suis arrivée là et quand j'ai levé les yeux sur toi, il se tenait devant moi et semblait faire une drôle de tête. Je suis sûre que déjà il me cherchait et attendait une réaction de ma part.

-          Il te cherchait querelle, donc, penses-tu ?

-          Non non, je ne sais pas... Peut-être ne souhaitait-il que s'amuser, peut-être avait-il pris lui aussi la même décision que moi, la même résolution...

-          Ah bon ? Toi, tu as pris une décision ? Si tu t'y tiens autant qu'à celle de déménager avant l'été, je crois qu'un éclat de rire me réduira en mille morceaux et qu'il te faudra alors en prendre une autre encore : celle de me changer !

-          Ahhh je te remercie de ton soutien ! Merci, merci encore de te moquer de moi ! Je ne sais même pas pourquoi je discute avec toi ! Les décisions, très cher, il faut parfois savoir les assouplir pour tenir compte d'éléments indépendants de nous ou encore des aléas de la vie, et là, ce n'était pas le moment, figure-toi !

-          Ahahah ah arrête, je ne vais pas pouvoir me retenir, et déjà je sens quelques vibrations et des fêlures qui me titillent ! C'est trop drôle ! Tu sais très bien qu'il n'y a pas que ça, que tu as douté, que tu as peur encore !

-          Pff je ne sais décidément pas pourquoi je te parle ! Tiens, je m'en vais !

-          Non non, reste voyons ! Ne te vexe pas ! Et puis, reconnais-le, tu sais que j'ai raison... Je veux savoir : alors, cette décision, quelle est-elle ? Après tout, même si tu ne la tiens pas, je vois bien qu'elle t'a changé et rendu le sourire.

-          Justement, voilà ma décision : tu as bien vu que je n'avais pas trop le moral, ces derniers jours, que je traînais derrière moi mon spleen comme un condamné traîne ses chaînes. Et bien voilà, j'ai décidé de retrouver mon optimisme, de récupérer mes espoirs, que j'avais mis de côté un temps, pensant qu'ils ne me serviraient jamais, qu'ils étaient vains.

-          Tu avais donc perdu tes espérances ?

-          Non, je les avais rangées dans une boite, je n'en voyais plus l'utilité. Je les avais rangées avec mes utopies, ces visions idéalistes que l'on sait par nature irréalisables. Il m'a suffit de prendre la décision de rouvrir cette boite pour que, d'un seul coup, ma foi revienne.

-          D'un coup ?

-          D'un coup, je t'assure ! Comme un sursaut ! La décision était prise, il ne s'agissait plus de discuter, de tergiverser. Je venais de me mettre un mémorable coup de pied dans le derrière qui m'a remis en selle. La seconde précédente, j'avais envie de pleurer, de geindre sur mon petit sort, et pof, j'avais décrété que j'arrêterai de me morfondre.

-          Pof ?

-          Oui pof ! Comme ça, comme un choix de tous les jours, comme j'aurais opté entre fromage ou dessert, certes choix difficile pour ma part.

-          Et tu t'y tiens pour l'heure ? C'est donc si simple que cela, de croire ou de ne pas croire ?

-          Simple, je dois te l'avouer, non... Mais il est tellement plus agréable de croire que tout peut être mieux, plutôt que de pleurer sur nos illusions perdues, plutôt que d'avancer sans plus aucun espoir et que s'apitoyer sur sa vie, tout en culpabilisant de cet apitoiement puérile et égocentrique, que l'on réalise vite qu'il est plus facile - oui, plus facile - de continuer la route en pensant que l'on va quelque part, plutôt que de se dire qu'elle mène à une impasse. Le grimpeur ne se dit pas : « au prix de tant d'efforts, il me faudra ensuite redescendre » mais plutôt « j'atteindrai le sommet ». Pourquoi grimperait-il, sinon pour voir la beauté qu'il y a là-haut ? Les difficultés sont tellement plus faciles à affronter quand au bout, on sait - on croit - que la récompense en vaut vraiment la peine.

-          Je me proclame donc huissier de ta décision ! Sur ton visage, chaque jour, je contrôlerai si tu t'y tiens !

-          Je doute que l'idée de me présenter chaque matin devant un huissier égaye et enchante mon réveil ! Quel piètre compagnon tu fais...

-          Pensais-tu donc que je te simplifierais les choses ?

-          Si tu savais combien je doute de toi...

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D
C'est chouette....ce que tu as écrit (ça je le dis souvent..)...et d'avoir pris l'obtion optimiste...A+
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E
<br /> "l'obtion"? j'aurais pu l'écrire...<br /> Soyons obtimistes! :)<br /> <br /> <br />
A
Tu peux douter : en effet, certaines personnes ne le réalisent pas, en revanche, d'aucunes si. Tout dépend de la sensibilité de la personne et de son ouverture vers autrui.Ainsi, qui n'a jamais été réchauffé par le sourire sincère ne serait-ce que d'un inconnu alors que tout avait couleur de cendres...
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E
<br /> J'ai dit que je doutais? C'est uniquement parce que je n'aime pas affirmer...<br /> <br /> <br />
A
Ouch...Exercice difficile que celui de s'exprimer au vu des autres et de n'avoir que les mots pour se faire entendre ( sans les changements d'intonation, les gestes expressifs...). Oui, il existe des moments où l'on se dit que ce que l'on a n'est plus un moteur suffisant pour donner envie d'avancer. On a le bateau, ses voiles, mais sans vent et avec une boussole démagnétisée, à quoi se rattacher pour continuer. C'est là où je dissocie la Foi/l'espoir  (sans notion de religion) de l'attente. Nos richesses sont intérieures bien qu'elles paraissent tombées dans un puits sans fin parfois. Loin d'être parfaits, nous avons pourtant tous des ressources dont il faut trouver la source . Et puis, souvent nous avons aussi quelques personnes qui nous sont chères et avec qui nous pouvons échanger ( et qui peuvent nous écrire :"Je t'envoie mes sourires des jours où je me sens plus fort"). Espace restreint pour un thème qui se veut libre de contraintes, épistolaire et solaire. Entre les lignes se cachent souvent tant de trésors, de même en chacun de nous, il suffit d'y croire ( certes ce ne sont que des mots, enveloppes superficielles, cependant, ils ont un pouvoir qu'il ne faut pas nier car ils sont parfois un soutien dans le désespoir et un premier pas sur le dur mais lumineux sentier de la vie).
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E
<br /> Je ne dirai qu'une chose (ou presque) : je suis tout à fait d'accord! J'ajouterai (parce que je ne sais pas faire court) que je doute que ces personnes dont tu fais mention aient conscience de<br /> l'importance qu'elles revêtent pour nous, leurs mots, leurs petites attentions si anodines et pourtant si précieuses...<br /> <br /> <br />
A
De vivre sans attendre, on prend plus les choses comme elles viennent, et de ce fait, il y a moins de possibilités de déception. Il n'y a que des petits bonheurs à découvrir et à accepter au quotidien. A chaque jour suffit son bonheur pour donner l'envie d'aller voir ce que nous reserve le lendemain. Et dans ce cas, la journée elle-même est un beau cadeau qu'il eût été dommage de manquer."Miroir, mon beau miroir.." Ce n'est pas toi qui me donnera une réponse puisqu'il n'en existe pas une seule. Chaque autre est un miroir à facettes pour nous-même... Tantos lados..
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E
<br /> Vivre sans attendre... Sans rien attendre de plus, tu veux dire? Et si ce que l'on a ne nous suffit pas, si ce que l'on a déjà, bien que l'on sache en apprécier les quelques bienfaits, ne nous<br /> semble pas suffisamment beau pour que ça en vaille la peine? Il y a des moments où on a quelques doutes, et durant ces moments, on a besoin de se raccrocher à l'espoir d'un futur différent, non?<br /> <br /> <br />
I
Vais venir m'étaler ici un peu, pardonne moi hein, mais je crois que le souci justement c'est que les humains pensent trop à une fin en soi, un aboutisement, une récomprense comme tu dis, de quoi être déçu souvent, non? En tout cas contente que l'optimisme te gagne à nouveau.
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E
<br /> je ne parle pas d'une "fin", mais au contraire d'un futur qui réserverait de belles surprises et la réalisation de quelques espérances d'aujourd'hui. Pas d'espoir, pas de regrets, certes, encore<br /> faut-il arriver à vivre sans espoirs...<br /> <br /> <br />