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Tout ce qui me fait débloquer.

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Briser la glace

-          Il faut qu'on parle, toi et moi !

-          Ah bon ?

-          Oui, on m'a dit qu'il le fallait.

-          Mais qui a pu te dire d'avoir une telle démarche ?

-          Et voilà, j'en étais sûre, déjà tu détournes la conversation ! Rien ne m'étonne moins de ta part ! Tu es vraiment incorrigible, et je savais que tu ferais tout pour ne pas avoir à aborder le sujet qui m'amène vers toi ! D'ailleurs, je crois que j'ai eu tort de m'adresser à toi.

-          Et voilà qu'elle recommence, elle me la joue encore la fille vexée et boudeuse, qui a en fait tout fait pour en arriver là ! Que crois-tu ? Moi-aussi je te connais, à force de te voir tous les matins, et repasser à de maintes reprises dans la journée te laver les mains ! Allez, vas-y, ne fais pas ta tête de mule, et causons, puisqu'une personne bien intentionnée t'en a soumis l'idée...

-          Miroir, mon bon miroir... tout d'abord, permets-moi de te prier de me pardonner pour les trop nombreuses agressions de dentifrice que je t'inflige.

En effet, si je m'adresse à toi, c'est parce que tu me connais si bien, puisque nous nous croisons sans cesse. Toi seul me découvre chaque matin échevelée, le visage crispé pour tenter d'entrouvrir suffisamment les yeux et voir ce que je fais. Parfois, j'y renonce même, ma face se détend, mais mes yeux restent clos. Toi-seul me retrouve un peu plus tard, rassasiée. Vers toi seul je retourne sans cesse, tout au long du jour. Et toi seul, quand le règne de la nuit est venu, tu me vois passer, tel un zombie, parfois à moitié endormie, parfois à moitié éveillée, parfois prête à n'importe quelle expédition punitive pour retrouver Morphée. Ce coquin, qu'il soit damné !!! Et voilà, à l'évocation de son nom, je ne me contiens plus, je fulmine, je ronchonne et je deviens nerveuse...

-          Oh la ! Tu n'as pas tant l'habitude de me faire de si longs discours ?!! Il doit être bien important, le sujet dont tu souhaites m'entretenir, pour que tu prennes la peine de t'adresser à moi de la sorte, en reconnaissant la dimension de nos rapports. Qu'est-ce ?

-          Je ne reconnais rien du tout, et si tu es celui qui me voit le plus souvent, ce n'est pas en raison de mon affection à ton égard, mais bel et bien une sacrée déconvenue de ne pouvoir mieux faire et de ne réussir à te donner une concurrence digne de ce nom !

-          En gros, c'est avec regrets que tu admets que je suis le plus présent de tes admirateurs, et peut-être le seul !

-          Allons, voyons, tu ne m'admires pas, mais me mirent seulement... Et je ne m'admire pas non plus en toi. Justement...

-          Justement ? Irais-tu jusqu'à prétendre que je fais mal ma besogne, que je suis un mauvais miroir, te renvoyant une image qui n'est pas celle que tu voudrais y voir ? Remettrais-tu en cause mes capacités ? On ne m'a jamais fait un tel reproche !

-          Jeune tu es donc encore ! Et je reconnais dans le mot de « besogne » tout le plaisir que tu mets à ta tâche ! Chaque matin, donc, toi-aussi, tu te réveilles embrumé et morose, et tu te dis : « voilà ma tâche, mon labeur, ma corvée ! » ? Te voilà démasqué !

-          Encore une fois, elle me charge de tous ses maux ! S'en est trop ! Pourquoi faut-il toujours voir en le reflet le seul coupable, au lieu d'accuser le seul fautif, l'original ???

-          Tu me sembles bien philosophe, aujourd'hui ! Notre dispute m'aura au moins permis de découvrir cet aspect-là de toi.

-          Moi, un philosophe ? C'est drôle. J'ai parfois l'impression que nous sommes, nous autres qui semblons si glacés, un peu aussi les miroirs des âmes.

-          Que de grands mots ! Que de grandes fonctions tu t'attribues, prétentieux que tu es !

-          De quoi donc voulais-tu que nous discutions ? Ne souhaitais-tu pas en réalité, m'entretenir de toi, et pas seulement de cette image que tu vois ? Toutes ces simagrées ne sont-elles pas une manière détournée de ne pas en arriver là ?

-          Tu me feras part de tes théories une autre fois : j'ai maintenant à faire.

-          Tu ne veux donc plus causer ? Mais quoi donc fuis-tu ? Ou qui ? toi-même peut-être ?

-          Je ne me fuis pas : au contraire, je me cherche.




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I
J'aime bcp...
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E
<br /> Merci...<br /> <br /> <br />