Oui, bon, on fait ce qu'on peut pour les titres, et là, c'est vraiment ce qui me vient à l'esprit en entendant l'information qui va venir là tout de suite après ce petit préambule, et qui entre dans le cadre beaucoup plus vaste de ce qu'on pourrait appeler les activités régaliennes de l'Etat et dont il cherche à se décharger auprès d'entreprises privées. Pour faire simple, il y a pour moi des domaines qui ne devraient relever que de l'Etat, par essence, par leur nature même, pour des raisons philosophiques si l'on veut (contrat social, Rousseau, droit de punir, justice vs vengeance, etc.... Si ça c'est pas du résumé, hein!), mais aussi pour des raisons purement pragmatiques. D'autres ont essayé, ils ont eu des problèmes! (comme dirait l'autre)
Voilà donc l'information qui me fait réagir aujourd'hui (et pis m'agacer aussi, mais certains me reconnaîtront bien là) : Deux juges américains poursuivis pour corruption, pour avoir envoyé pendant des années de jeunes mineurs en maisons de détention privées, et alors que ceux-ci, issus bien entendu de familles pauvres (sinon c'est moins marrant), n'avaient rien commis ou presque. ("Parmi les cas reçus en témoignage par l'association Juvenile Law Center, figurent ceux d'un jeune garçon envoyé 9 mois en détention pour avoir volé un flacon d'épices de noix de muscade d'une valeur de 4 dollar, d'un autre jeune condamné à 3 mois pour avoir volé de la menue monnaie dans une voiture ou encore celui d'un garçon de 13 ans envoyé en camp de redressement plusieurs week-ends pour avoir exploré un bâtiment désaffecté.") Je vous invite à lire ça : AFP pour plus de détails.
La privatisation de la prison, de diverses manières, est un sujet qui n'est pas nouveau, mais il ressort en ce moment, en particulier en tant que solution envisageable devant la décrépitude des prisons françaises et le manque de moyens. Pourtant, et malgré cette urgence-ci,, évidente, l'idée me choque intrinsèquement, et d'autant quand j'entends des histoires comme celles-ci... Vous savez ce qu'on dit : "la porte ouverte à toutes les dérives"...