ça va peut-être être la journée des reproches, des confessions, de l'aveu de défauts inavouables mais avoués. Il y aura plus tard l'hypocrisie, mais pratiquée pour une bonne cause, s'il en est, mais commençons par un autre que j'ai découvert chez moi en cette dernière année écoulée et qui a refait surface hier soir. Il s'agit de la jalousie. Je ne parle pas de la jalousie que l'on éprouve du bonheur des autres ou à l'égard de ce qu'ils ont et qu'on n'aurait pas, ou encore de la jalousie que l'on éprouverait envers son compagnon ou sa compagne et due à un manque de confiance. Non, je parle de celle que l'on n'a pas le droit d'avoir, celle que l'on n'a pas le droit de revendiquer, celle que l'on doit cacher, celle qui nous est interdite quand on n'a aucun droit sur la personne qui génère cette jalousie. Que fait-elle? Avec qui? Pourquoi ne me le dit-elle pas? Je suis sure qu'elle me cache quelque chose. Mais pourquoi me le cacher? Parce qu'elle sait me faire ainsi de la peine en me le disant? Ou pour une autre raison?
Je parle de cette jalousie qui nous fait nous poser mille questions, alors qu'on en n'a droit à aucune, aussi bien de les poser à la personne concernée que de se les poser à soi-même. Je parle de cette jalousie qui nous fait nous sentir impuissants, désarmés, nous ramène à l'absurdité d'une situation, cette même absurdité contre laquelle on lutte mais sans en connaître l'antidote.
Je parle de cette jalousie qui doit rester silencieuse, secrète, que l'on couvre par d'autres mots pour la masquer; surtout ne pas la laisser remonter, surtout qu'elle ne suinte pas, car sa délivrance, sa connaissance serait pire qu'un aveu.
Je parle de cette jalousie qui nous fait nous sentir ridicule, celle dont on a honte, parce que sa cause même, on cherche à la détruire, et alors elle n'aurait plus de raison d'être.
Je parle de cette jalousie comme une gifle, un retour brutal à une réalité à laquelle il est si facile de faire un masque, même fin, même flou, un certain temps. Seulement un certain temps. Parce que le voile se fissure toujours et finit en lambeaux.