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Tout ce qui me fait débloquer.

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Y en a qui bossent l'été alors qu'ils ne sont même plus étudiants




    Il est grand temps que je vous parle d'un monde inconnu à la plupart d'entre vous, que je vous raconte les coulisses et vous dévoile les sombres secrets d'une secte étrange et sans gourou, un monde qui divise les gens en deux catégories: ceux qui sont du bon côté du stand, et les autres.

    Ce monde dont je vous cause, c'est celui des marchés forains. Ce monde-là, je le connais plutôt bien, vu que mes parents le pratiquaient déjà quand j'étais gamine. C'était déjà, ou plutôt c'était encore plus, un monde de franche rigolade, de camaraderie exacerbée à grand renfort de blagues potaches et de vins chauds l'hiver (en même temps, à -10° l'hiver, on comprend qu'on ait besoin de se réchauffer physiquement et psychologiquement).
Pas de ça pour moi. Non, moi j'ai opté pour la catégorie saisonnier estival sur les marchés provençaux, avec des marchés qui commencent à 8 heure bien tassé, pas folle la guêpe!

Bon, pour être tout à fait honnête, j'ai même arrêté les marchés matinaux (pour cause de grosse fainéantise) pour privilégier les foires artisanales nocturnes (on commence de bosser en fin d'après-midi, et on rentre à 2 heure du mat', c'est plus dans mes horaires habituels).

Mais je veux tout de même vous parler des marchés, de ceux pour lesquels des gens se lèvent tôt pour vous accueillir, vous, porte-feuille consommateur gros touristes en sandales et chaussettes parlant des langues inconnues de moi chers clients bien aimés adorés vénérés, parce que chez ces gens-là (On n'cause pas, Monsieur On n'cause pas, on compte), il y en a vraiment qui vaillent le détour. Il faut d'abord comprendre que quasi tous, excepté certains marchands, se rejoignent par le fait qu'ils sont à leur compte, sans patron et donc seuls responsables de leurs petites affaires. Ils choisissent où ils vont, quand, ce qu'ils vont vendre, à quel prix. On peut donc presque dire qu'ils sont libres, ou du moins ont une certaine liberté, peut-être surtout celle de se casser la gueule à le première crise conjoncturelle, ou au premier petit tracas de santé (comme ça a failli l'être pour moi d'ailleurs, reprenant le boulot contre avis médical, mais c'est une autre histoire que je vous raconterai... ou pas)(pas d'arrêt de travail pour les braves!). Et puis, sachez-le bien, si certaines classes professionnelles ont la chance d'avoir des aides à gogo, c'est loin d'être le cas pour les petits indépendants que nous sommes (on pond même des décrets estimant nos revenus à 15 fois ce qu'ils sont pour nous empêcher de recevoir des allocations logement, parce que, c'est bien connu, on est tous des voleurs/tricheurs qui nous nous en mettons plein les fouilles. Le pire, c'est que ceux qui pondent ça ne se cachent même pas de leur objectif de nous exclure des règles de calcul)(et bien sûr, personne n'en parle!)(Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce petit moment de révolte indépendant de ma volonté... ou pas).

C'est pas tout ça mais on parlait de quoi? Y a quelqu'un qui suit? Non? Bon, alors attendez 2 secondes que je me relise un peu.
...
...
J'y suis : j'ai fait la connaissance de personnes extras sur les marchés, parce qu'il faut le dire, il y a là de ces ambiances comme on n'en fait plus, entre des gens malgré tout très disparates, un peu comme dans l'âne O.

    Je vais vous en évoquer quelques spécimens :
Il y a Marie-Jo et ses pizzas, avec des produits tout ce qu'il y a de plus frais. Elle a repris l'année dernière le camion-pizza pour les quelques années qui lui restent à bosser avant la retraite. Sans oublier son mari, tout autant adorable, au très fort accent espagnol.
Il y a Thierry et ses saucissons d'Ardèche, toujours content de nous voir et qui sans cesse nous demande quand on reprend les marchés.
Il y a les jeunes mariés qui vendent les légumes bio, autant dire mes amis d'office. Bio, c'est ben beau, mais bons surtout!!!
Il y a Madame olives qui vend...? Vous trouvez? Je vous laisse encore quelques minutes de réflexion? Gagné : des olives.
Il y a celle qui vend des tomates, uniquement des tomates, de toutes sortes.
Il y a celui qui vend de l'huile essentielle de lavande, ainsi que le légume qu'il a en ce moment dans son jardin. Tu lui demandes 1kg de haricots verts, il t'en met 1kg200 pour le même prix, et puis il baisse encore le tarif, parc que lui, il les trouve pas trop beaux ses haricots verts.
Il y a les marchands saisonniers qui, comme nous, ont décidé de glander le reste de l'année font le pleins de produits, vont les chercher à l'étranger au prix de voyages éreintant de plusieurs mois ou les fabriquent.
Il y a notamment celui qui fabrique des pendentifs en forme de feuille de cannabis chanvre. Encore une preuve de ma naïveté, quand, le jour où je lui en achetais un, il m'a demandé si je voulais faire du troc. Et là, j'ai pas compris. Si, je vous jure, il a fallu qu'il soit plus explicite. On voit que j'ai une grande habitude de ces choses-là!
Mais je ne vais pas tous les citer, soufflez. Seulement, je ne peux pas passer à côté de ceux qui ont ma préférence : le couple sénégalais. Enfin, en réalité, il n'y a qu'elle qui soit sénégalaise, lui ne l'étant que de coeur. Ils ont choisi l'option "on passe la plus grande partie de l'année là-bas, on fait le plein, et on revient l'été vendre tout ça". En France, pour eux, c'est camping, et ça leur convient très bien comme ça. Elle avec son boubou, son accent terrrrrible et son large sourire accueillant, lui toujours cool et gentillement moqueur. Et puis ce sont quand même eux qui mettent le plus d'ambiance avec leurs djembés!

Bon, évidemment, qui dit marché provençal, dit touristes à l'oeil vissé à leur appareil photo (wahou, y en a qui ont peut-être des photos de moi dans leurs albums de vacances! Ou alors ils les ont supprimés...) et aquarellistes en herbe, petits sièges et crayon à la main pour un résultat pas toujours fabuleux. Oui, c'est incontournable.

    Cette année, j'ai donc laissé tombé cette bonne ambiance pour cause de ça sert à rien de sortir pour 3 euros, au profit des marchés artisanaux nocturnes. Pas la même ambiance, vu qu'on se connaît beaucoup moins, et que certains font des centaines de kilomètres pour venir (les pauvres, s'ils savaient les chiffres d'affaire désastreux qu'ils allaient faire, ils ne seraient surement point venus).

    Quand même, faut que je vous raconte ce qui s'est passé hier soir : tranquillement assise derrière mon stand, une folle cinglée (blonde, plutôt jolie, 25/30 ans) se jette sur moi en poussant des cris, toute attendrie qu'elle était. Bon, certes pas par moi, mais par le fameux toujours petit chien de la frangine qui se trouvait (le chien, pas la frangine) sur mes genoux. Et que je te le papouille, et que je me laisse léchouiller, en émettant des petits cris de joies et en proférant des phrases du type : "il est trop mignon, il est trop craquant, je ne peux pas résister", etc mais vous voyez le topo. Le tout pendant au moins 20 minutes, le chien toujours sur mes genoux.
Au début, pour tout dire, j'ai cru qu'elle était simple d'esprit, en sortie spéciale autorisée par les médecins. Mais non, elle était juste barge.
N'empêche, encore une soirée qui m'aura prouvée comme le fait d'avoir un clébard facilite les conversations, parce que ce ne fut pas la seule (mais largement la plus cinglée quand même).

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D
Sympa l'article...un métier pas facile..<br /> Pour ce qui est du chien...attention à sa taille...certains ..on ne peut pas les mettre sur les genoux...ils ne restent pas en place !<br /> A+
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E
<br /> Hum, je vois ce que tu veux dire...<br /> Et puis, il y en a qui sont légèrement trop gros aussi...<br /> <br /> <br />
I
Bien entendu...
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I
Je vais penser à avoir un chien! bon truc à priori pour la drague :).
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E
<br /> Je vais y penser aussi...<br /> Bien entendu, ce n'est pas une raison suffisante.<br /> Bien entendu<br /> <br /> <br />
L
Mes grands-parents ont passé leur vie à vendre des fringues pas cher sur les marchés du Nord...<br /> (Soupir)<br /> Merci pour la séquence nostalgie.
Répondre
E
<br /> Ben de rien...<br /> Les marchés sous la pluie, il n'y a rien de pire! (oui, j'associe le Nord et la pluie, désolée)<br /> <br /> <br />