Dans mon petit boulot dont j'aime souvent à me plaindre, mais qui comporte quand même de nombreux avantages, dont celui d'être adulée par plein de gens (bon, j'exagère un peu, mais juste un peu. Même qu'il y en a qui veulent faire des stages avec moi ou qui me demandent ce qu'il faut faire comme études pour cela), j'ai l'occasion de rencontrer du monde (c'est l'un des inconvénients. Ben oui, j'vous ai pas dit que je n'aime pas les gens? Qu'ils me font parfois peur?). Le problème, c'est aussi que parfois j'attire les boulets, les déchets, les asociaux (si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il n'y a qu'un « s » à « asocial », je suis preneuse), les retraités qui ont plein de choses à raconter mais personne à qui les dire, les rebelles de la société qui vont faire un jour la révolution (mais l'heure n'est pas à l'action), les dragueurs du dimanche qui détectent à 100 mètres celle qui ne saura pas s'enfuir et leur clore le bec (mais qui ne détectent semble-t-il pas que je suis loin d'être intéressée), et tant d'autres encore. Et souvent, je ne sais pas comment m'en débarrasser, je ne veux pas les vexer, je m'imagine à la place de certains d'entre eux, vieux et sans famille, et qui n'ont que si peu l'occasion de papoter un petit moment dans leurs journées si mornes. Je leur conseillerais bien de se mettre aux blogs, mais j'ai peur que pour certains ce ne soit déjà trop tard.
La dernière en date va, je pense, vous plaire aussi. La dernière en date a décidé de me parler de son potot Jauni, Jauni à l'idée (pour des raisons de respect de la vie privée, les noms sont susceptibles d'avoir été changés. Toutes ressemblances ne seraient pas forcément fortuites). Parce que la dame, elle a connu Jauni quand elle était jeune (et lui aussi). Elle avait 15 ans et lui 17. Elle faisait partie de la même bande, à Trouville. Il était beau avec ses yeux bleus (maintenant c'est un débris, dixit la dame). Il était si gentil. Même que Dario Moreno faisait sa première partie et chantait « Brigitteuh Bardot, Bardot... » (et v'là ti pas que la dame se met à chanter... et moi, en même temps, je me dis qu'il faudra absolument que je vous le raconte). Ils ont fait la teuf ensemble sur la plage, à l'époque. Ils étaient jeunes, ils étaient beaux... J'vous résume ça, parce qu'elle est restée longtemps, ma dame. Elle l'a revu quelque temps plus tard à la sortie du Fouquet's. Elle, elle sortait de la boite à pédé d'en face (dixit ma dame).
Bin, elle lui fait pas du bien, à notre Jojo, sa p'tite jeune!
J'ai eu aussi droit aux petits-enfants ingrats et bourges, ou encore à l'époque où elle était capable de faire 500km pour acheter une paire de pompes assorties à son sac à main, etc. Mais là, je commençais franchement à décrocher.
Aparté : je suis en Normandie et il pleut. Tout est en ordre.
Aparté 2 : Putain, je deviens accro à vous écrire, faut que je fasse une cure de désintox.