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Tout ce qui me fait débloquer.

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Décollage non immédiat

    C'est fait : j'ai des billets d'avion tout neuf pour octobre. Rien d'extravagant : 18 jours de vacances chez mes parents qui se sont expatriés à l'étranger il y a quelques années. L'avantage, c'est d'avoir un pied à terre pour les vacances dans un pays qui accueille de plus en plus de tourisme. L'inconvénient (si on exclut justement le nombre croissant de touristes...), c'est de devoir prendre l'avion pour aller voir ses parents, pour une famille assez unie comme la notre, et de devoir du même coup les supporter si longtemps d'affilé (pardon pôpa, et surtout pardon môman).
   Mes parents n'étaient pas jusqu'ici de grands voyageurs, et se limitaient aux frontières françaises, jusqu'au jour où ils ont découvert ce pays et en sont tombés amoureux. Ils n'étaient pas de grands voyageurs, mais avaient toujours été des gens hors normes, surement considérés par beaucoup comme des marginaux. Ça tombe bien, je les aime ainsi, malgré tout ce que cela a pu impliquer, les déménagements, les choix professionnels extrêmement variés (c'est peu dire), de l'assureur à l'épicier. Ils ont fait des choix, se sont trompés, mais ont essayé, avec l'intention affichée de faire ce qu'ils aimaient, puis de seulement s'en sortir. On a connu des périodes difficiles financièrement (n'empêche que le RMI nous a bien aidé), mais je n'ai pas le souvenir d'en avoir particulièrement souffert. Les coussins confectionnés par ma mère pour cadeaux de Noël, je ne me rappelle pas que ma soeur et moi leur en aient formulé le reproche. C'était peut-être notre façon de participer à l'effort de guerre. Il y eut d'autres occasions de se confronter à notre père, mais dans l'ensemble, je crois qu'on n'avait pas trop à se plaindre. Ils ont donc décidé un beau jour de s'expatrier, mais pas n'importe où, pas pour la facilité. Fidèles à ce qu'ils sont, ils ont choisi de s'installer dans un village sans eau (à l'époque), ni électricité, et jusqu'où le goudron n'est pas encore venu. Un village où ils sont les seuls à posséder une voiture (ça fait rêver parfois), au milieu de familles dont ils ne comprennent pas la langue et qui vivent réellement au jour le jour. A croire que mes parents fuyaient eux-aussi quelque chose. A croire qu'ils avaient toute leur vie couru après quelque chose qu'ils pensaient peut-être trouver là où d'autres seraient venus le moins le chercher. Qu'ils aient eu raison ou non, je les admirent pour leur persévérance à trouver leur propre voie. Et je les remercie de n'avoir pas été des moutons.
Bref, mes billets sont pris. J'aurais pu sauter de joie à cette idée, mais non, c'est tout le contraire. Non pas, que je n'ai pas envie d'y aller ou de voir mes parents. Seulement je n'aime pas l'idée de ne pas pouvoir faire marche arrière, changer de dates, me bloquer 2 semaines et demi sans possibilité de revenir sur ma décision. Il peut s'en passer des choses, et j'y compte bien, en 5 mois! De belles rencontres, que sais-je encore, qui pourraient me faire regretter le moment venu ces petits billets. Vous allez me dire que j'aurais pu attendre pour les prendre. Mais non, car sur ce coup-ci, c'est le porte-monnaie qui a le dernier mot.
   En règle générale, je déteste les engagements qui seraient susceptibles de m'empêcher d'opérer un virage dans ma vie, si l'occasion se présentait. Cette occasion, je l'attends sans cesse, alors que je ne serai peut-être pas capable de la saisir si elle se présentait à moi, ou même de la reconnaître. C'est rageant. C'est idiot aussi, car dans la réalité, si vraiment quelque chose d'exceptionnel se passait dans ma vie d'ici là, rien de m'obligerait non plus à prendre ce foutu avion, excepté la perte financière que cela engendrerait et qui ne serait quand même pas une ruine (je vous ai dit que la vie m'a appris qu'un franc est un franc, et de surcroît un euro un euro?). Seulement, me reste en mémoire mon voyage de l'année dernière : un mois à regretter d'être partie tout un mois. Un mois à regarder les étoiles en se disant qu'elles brillaient tout autant au-dessus de quelqu'un d'autre, quelqu'un de si loin à ce moment précis. Et je ne sais pas si je dois espérer, ou non, ressentir le même sentiment cette fois-ci. C'est si bon et si douloureux à la fois. C'est triste de faire un voyage et de n'être pas entièrement disponible pour lui. On le regarde à demi masqué. On ne voit pas tout ce qu'il peut nous apporter. C'est un tel gâchis. Je suis sure qu'il existe, ce voyage idéal, celui qui nous fait plus qu'on ne le fait, celui qui nous déconstruit, puis nous reconstruit, celui qui nous apprend qui nous sommes en nous apprenant qui sont les autres, celui que l'on continue à faire une fois rentré chez soi. Le voyage qui ne prend jamais vraiment fin.


« La vertu d'un voyage, c'est de purger sa vie avant de la garnir. »
Nicolas Bouvier, L'usage du monde
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M
Z'habitent à Bergue tes parents? (Je suis dehors).<br /> J'aime bien ce que tu dis à propos des voyages. Et la citation aussi. Un de ces jours, pense à écrire un truc que j'aimerais pas ou avec lequel je serais pas d'accord, steuplé, j'aurais moins l'impression de te faire de la lèche comme ça. ^^<br /> (Je suis partie trèèèès loin).<br /> Smack!!! Je t'aimeuh!
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E
<br /> Ne t'éloigne quand même pas trop! Et fais gaffe aux voitures! Et ne rentre pas trop tard!<br /> Je vais y penser, promis. Je cherche, je cherche... Un article sur les teckels nains à poil dur, ça t'irait?<br /> Smack à toi<br /> <br /> <br />
Z
Salut Eureka :) dis, ce sera l'été au moins là où tu vas ? Parce que si en plus c'est la mousson, brrrrrr
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E
<br /> Là où je vais, point de mousson... quoique ça ferait du bien!<br /> Et puis je ne suis pas complètement maso (pas complètement :))<br /> <br /> <br />