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Tout ce qui me fait débloquer.

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Elle a un grain

     Aïe aïe aïe, rien ne va plus ce matin. Et pour deux raisons. D'abord, quand j'ouvre la bouche pour parler, les sons n'en sortent pas comme je le voudrais, voire ne sortent pas du tout. Bref, je sens poindre ma laryngite de mai, celle qui me rend aphone pendant quelques jours, ce qui est formidablement pratique pour bosser. Et oui, deux fois par an, je parle par gestes et petits mots écrits. Depuis le temps que je voudrais apprendre la langue des signes...
    Ensuite, rien ne va plus parce que ce que j'ai envie d'écrire n'ait pas très réjouissant. Je voulais raconter comment on peut se laisser rattraper par des mots sans le moins du monde s'y attendre, et alors que l'on croit tout contrôler.
   Il y a de cela peut-être 14 ou 15 ans, alors que j'étais ado et vivais chez mes parents, je voulais confectionner un objet en bois qui consistait dans la découpe d'un mot écrit avec une calligraphie particulière et dont je devais choisir le modèle dans un bouquin qui en comptait un certain nombre (pas sure que je sois bien claire...). J'avais mis du temps à choisir mon modèle, étudiant les formes et optant finalement pour l'un d'eux pour la beauté du style et sa « faisabilité » par rapport à mes capacités. Du moins, je le crus. Une fois l'objet terminé, je l'offris à ma mère, ou est-ce elle qui me le réclama? je ne m'en souviens plus. Il fut mit bien en évidence partout où mes parents déménagèrent, bien que je doutais de son intérêt esthétique. Je le regardais parfois, sans plus m'y arrêter, mais comme quelque chose qui attirait parfois mon regard. Je le connaissais par coeur, le moindre contour, la moindre courbe. Noir et blanc, yin et yang. Un objet finalement raté, plutôt petit, et qui m'accompagnait par procuration au fil des ans. Juste un objet de décoration. Sans importance.
   Et puis un jour, plusieurs années après l'avoir fabriqué et alors que je me trouvais devant lui, ma mère, qui était surement à cette époque bien plus perspicace que moi, me posa une question à son sujet. Un question à laquelle je ne m'attendais pas et que je ne m'étais jamais posée. Elle me demanda pourquoi j'avais choisi ce mot-là, puisqu'il est à la base de l'objet, s'il était le fruit de l'humeur du moment ou juste celui du hasard, un hasard, il est vrai, malheureux. Je réagis au quart de tour, la réponse était pour moi évidente, j'en étais persuadée : je n'avais pas choisi un mot, mais une forme, uniquement une forme. Mais si la réponse fusa, la question continua de raisonner dans ma tête, de faire son chemin en moi. Je me retournais à nouveau sur la chose, la regardais d'un oeil neuf, décryptais les quatre lettres qui finalement le constituaient. J'y lus ce mot : PEUR. Je ne l'avais jamais pris comme tel. Je me répétais à moi-même : « non, ce mot n'en ai pas un, ce ne sont pas des lettres, mais juste des courbes sans signification aucune ». Je me le répétais, mais cela fit son chemin.
On croit jouer avec les mots, mais on se trompe : ce sont parfois eux qui se jouent de nous.
Je finis par comprendre que ce mot n'était pas qu'un objet, que ce choix n'était pas anodin. Je compris qu'il fallait me rendre à l'évidence, que j'avais toujours tenté de lui échapper, que j'avais toujours nié son existence, ne qualifiant jamais mes angoisses ainsi, mais que c'était bel et bien de cela dont il s'agissait, de peur. Parce que oui, en effet, j'ai peur. J'ai peur de beaucoup de choses : peur de décevoir, peur de mal faire, de ne pas être à la hauteur, peur du ridicule, peur de rester seule, peur du silence, peur du bruit, peur de la foule, peur d'ennuyer, peur de ne pas savoir quoi faire dans telle ou telle situation, ou de ne pas savoir quoi dire, ou pire : d'être complètement à côté de la plaque. Peur d'être sans intérêt et qu'on s'en aperçoive. Peur d'être chiante (comme en ce moment). Peur de passer ma vie à avoir peur. Bref, je suis une froussarde.

La peur, ce n'est pas quelque chose de raisonné : on a beau savoir qu'il n'y a pas de raison d'avoir peur, qu'on nous dise qu'il n'y a pas de quoi s'inquiéter, la peur est là, plus ou moins forte. C'est comme avoir le vertige alors qu'il n'y a pas de risque de tomber ou craindre de sortir de chez soi et ressentir des sueurs froides rien qu'à l'idée de mettre un pied dehors. C'est totalement injustifié, on en a conscience, mais c'est ainsi.
   Alors bien sûr, avec l'âge, j'ai fait des efforts sur moi-même, ai su parfois me dépasser. Le comble, c'est que les situations qui provoquent cet état ne sont pas forcément les plus anxiogènes pour d'autres, ce qui rend d'autant plus bête, si disons-le, bête ma réaction et mon appréhension. Tant qu'elle est éloignée, je peux encore me raisonner, me dire que j'en suis capable, que ce n'est quand même pas toute une affaire. Et plus le jour approche, plus l'angoisse monte, plus je me cherche des excuses pour m'éviter l'objet de cette tension. Mais même si j'arrive à surmonter ma peur, l'angoisse est toujours  là, me dévore, m'use. Le plus drôle, c'est que je trouve ça complètement idiot et incohérent de se mettre dans des états pareils pour des bêtises comme celles-ci. Si je n'était pas moi-même comme cela, je crois que j'aurais du mal à comprendre une personne qui me décrirait les mêmes symptômes! Le plus cocasse, c'est que je suis capable de faire 800km toute seule pour aller dans une ville que je ne connais pas du tout pour y travailler, et d'y ressentir moins d'angoisse qu'à l'idée de passer un simple coup de fil! Je vous le dit : je ne suis pas nette, j'ai un grain... Il y a eu un bug dans ma programmation, un court-circuit quelque-part, un vice de conception, une anomalie à l'élaboration. Il y a eu faute grave, et je ne sais pas à qui en faire porter le chapeau.

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M
Ha, ça y est!!! J'ai trouvé! C'est ultra top cool comme idée. (Les pétoches? Pas du tout... o_O)
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E
<br /> Eurêka, elle a trouvé!!!<br /> Meuh non, pas les pétoches... meuh non...<br /> <br /> <br />
M
Mais qu'est-ce qui se passe le 21 juin bowdel?!? (La fête du bruit, je sais...)<br /> Je sors, merci. Fatiguée, moi.
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E
<br /> Allons, le 21 juin MB! mais c'est le lendemain du 20 juin voyons! Rhôôô<br /> <br /> <br />
L
Tu ramènes une petite bouteille le 21 juin? On va causer, on va causer, il me parle, ton petit grain...
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E
<br /> Pas de problème pour la bouteille. Et si je ne viens pas, je peux même te l'envoyer ^-^...<br /> <br /> <br />
D
Rassures toi..On a tous et toutes un "grain"...<br /> la peur, l'appréhension...moi ça me fait avancer...<br /> A+
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E
<br /> Tu as bien de la chance si ça te fait avancer... moi, ça me fait faire du sur place!<br /> <br /> <br />
M
Non, je suis pareille. Cet après-midi, je pensais d'ailleurs à écrire un article sur le sujet, alors...<br /> Et euh... Colle lui une tarte pour moi, à ta laryngite de mai.
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E
<br /> Les grands esprits...<br /> Plafffff, ayé, c'est fait. Ah, ça va mieux merci!<br /> <br /> <br />