Certains penseront que, décidément, j'ai un problème avec les voisins, et que finalement, c'est peut-être moi le problème.
Ceux dont j'ai envie de vous parler cette fois-ci, je les connais encore moins que ceux dont je vous rabâche les oreilles habituellement. Ils sont complètement anonymes, sans visage, sans âge, sans nationalité, sans couleur, sans religion, sans classe sociale. Ils sont surtout, et c'est le point commun au plus grand nombre, sans gêne. Vous ne voyez pas? Je vous aide: ils sont de Calais, de marseille, de Clermont, de Bruxelles, de Londres ou d'ailleurs. Je vous aide encore: ce n'est pas là-bas que j'ai l'occasion de les croiser.
Ceux d'entre vous qui ont l'occasion de fréquenter des hôtels (pour des raisons qui ne nous regardent pas) l'auront peut-être compris (les autres feraient bien de faire attention au titre la prochaine fois!): je veux parler des voisins dans les chambres d'hôtel. Ceux que je fréquente moi sont plutôt bas de gamme. Vous savez: ça commence par un F et ça finit par un 1.
Ce qui me dérange? Les personnes qui se lèvent avant moi et considèrent de ce fait que plus personne ne dort. Il peut bien être 6h30, 7h00, 7h30, qu'importe. Ils sont dans la chambre d'à côté, ou pire, dans le couloir, et s'interpellent, discutent sans envisager une seule seconde que d'autres personnes puissent encore dormir (ou essayer). Ben oui, quelle idée farfelue aussi de vouloir dormir dans un hôtel!
Ils sont ouvriers engagés pour la semaine ou couple avec enfants en visite au parc machintruc (on va quand même pas leur faire de la pub!) ou sur la route des vacances. ça n'entre pas en ligne de compte.
Croyez-en mon expérience!
J'ai vécu le cas de la bande de jeunes qui font la teuf dans la chambre juste à côté à 4h00 du mat' un dimanche matin, alors que vous, vous bossez ce jour-là (et oui, le jour du seigneur! J'ai honte! C'est bon la honte!). Et puis, même si vous ne bossez pas, que je sache, il existe des boites de nuit pour ça. En plus, on ne m'avait même pas invité!
J'ai aussi vécu la douloureuse expérience de la bande de retraités qui arrivent à l'hôtel à 2h00 du mat' et n'arrivent pas à trouver leur chambre et à composer leur code de porte. Tout excités de leur grande aventure, ils en oubliaient la règle d'Or de toute vie en communauté: Me faîtes pas chier, je dors!
J'ai eu le droit aussi une fois au couple d'allemands qui s'engueule dans sa chambre (enfin, je suppose qu'ils s'engueulaient!). Très sympa également.
Ou encore aux 3 ou 4 enfants laissés seuls dans la chambre voisine avec la télé comme seule nounou.
Ou aussi aux 2 ou 3 gars qui prennent une chambre à 6h00 du mat'. Je suppose bien éméchés, ils n'avaient pas envie de dormir de suite et braillaient. Prenant mon courage à deux mains (la force de l'amour du sommeil), je frappe à leur porte. Plus de bruit. Je retourne me coucher. ça recommence. A 6h30, je descends prévenir la gérante qui me suit et les menace de les virer. Là, nos gaillards courageux qui n'avaient pas encore montré leurs têtes s'en retournent, la queue entre les jambes, se coucher silencieusement.
"Victoire", pourrait-on dire, sauf que allez vous rendormir, vous, après un remue-ménage pareil!
La seule conséquence à tout ceci, c'est que la personne qui vient dormir à l'hôtel de 4h à 10h et qui va réveiller ses voisins en arrivant sera elle-même réveillée par ces mêmes personnes à 6h quand celles-ci se lèveront.
Et moi dans tout cela? Et bien je serai réveillée à 4h et à 6h. Logique, non?
Dans cet univers plein de bruit et de fureur, c'est le bruit des uns qui provoque la fureur des autres.
[Antoine Blondin]
Extrait des Quat'saisons
Rien ne vous rend plus tolérant au bruit d'une soirée chez vos voisins que d'y être invité.
[Franklin P. Jones]