Ne trouvez-vous pas marrant (le terme n'est pas exactement celui-ci) de constater comme ce qui ne devrait être que de l'ordre de l'immatériel, du ressenti, de l'âme, de l'impalpable, de l'inconsistant, du cérébral, se matérialise souvent dans des réactions corporelles qui nous semblent bien réelles.
Ainsi, la joie peut-elle nous donner la sensation d'avoir des aîles, l'envie de danser, une force toute nouvelle qui nous traverse et nous emporte dans une légèreté qui nous éloigne de la pesanteur.
D'un autre côté, et de manière plus flagrante pour ce qui me concerne, la douleur morale, une séparation, une blessure que ne devrait être que de l'ordre de l'incorporel, se traduit également par des douleurs physiques bien réelles. Un poids sur l'estomac, une douleur dans le ventre insaisissable, une souffrance au niveau du coeur indescriptible. Pourquoi le coeur, cet organe-là précisément, alors qu'il n'a en réalité aucun lien, il me semble, avec le sentiment qu'il symbolise? Ne parle-t-on pas de coeur brisé? Du symbole à la réalité, la vérité n'est peut-être pas si loin. Y a-t-il un médicament à prendre contre cette douleur-ci? Existe-t-il un remède? Un pansement à appliquer? Une drogue à avaler pour supporter le sevrage d'une toute autre dépendance?