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Tout ce qui me fait débloquer.

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La corde raide

     Non, je ne peux pas. J'ai beau tourner tout ça de mille façons, commencer mille phrases, je ne peux pas. Je ne peux pas en parler et je ne peux pas, ou difficilement, parler d'autres choses.  Je n'arrive à ne penser à rien d'autre, alors comment faire pour parler de choses auxquelles on ne pense pas ?

     La vie est à l'image de cette phrase : incompréhensible. On ne comprend rien à son cheminement, elle reprend aussi vite qu'elle a donné, elle jette sur nos chemins des embûches, comme si elle voulait sans cesse tester notre volonté... comme si elle ne souhaitait que nous montrer ce que l'on pourrait avoir, comme elle pourrait être belle.

     Et puis, malgré tout, elle est belle quand même. Elle est belle malgré ces bâtons mis dans nos roues, elle est belle et vaut le coup. Il suffit d'oser prendre ce que l'on peut prendre, même si derrière on se prendra mille coups. Il faut avoir un brin de masochisme pour être vivant pleinement. Il faut savoir que tout bienfait a un prix qu'on saura te faire payer un jour ou l'autre. Reste à choisir. On peut décider toute sa vie d'aller au plus simple, de connaître des joies simples en espérant n'avoir que de moindres tracas (attention : ceci n'est malheureusement même pas assuré, loin de là), ou alors on peut choisir de risquer de vivre pleinement pour goûter à toutes ses saveurs, mais il faudra alors en assumer les tangages parfois à la limite du retournement. Longer la falaise. Frôler le vide. Sentir le vent, frissonner, et oser affronter le danger de la chute. Que vaut-il mieux ? A chacun sa décision. A chacun de déterminer ce qu'il attend de sa vie. La raison est un leurre. La raison est un masque pour cacher la réalité : une peur incroyable d'affronter la vie. La raison est une ligne droite qui empêche certes les dérapages incontrôlés et le risque de finir dans le mur, mais aussi d'aller vers de si grands bonheurs. La raison est comme des œillères que l'on se met pour ne pas voir ce que la vie nous réserve sur les côtés. Certains vivent très bien avec ces œillères. D'autres ne les supportent pas. Comme si inconsciemment, ils savaient qu'autre chose était possible. Mais ils n'osent pas forcément aller jusqu'à les ôter. D'autres enfin ne les ont jamais eu et on les regarde parfois entre envie et méfiance, car ils marchent souvent sur la corde raide.

     Les œillères, je les ai ôtée, difficilement. Elles ne sont pas très loin, elles attendent mon retour. La corde raide, je l'assume, je mets mes deux pieds dessus en connaissance de cause. Elle est instable, elle me donne le vertige. Alors je ferme les yeux, j'entends une voix qui chuchote à mon oreille. Et je n'ai plus peur.


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I
Tout ça est très juste je trouve et les deux dernières phrases ont un joli sens.
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E
<br /> :)<br /> <br /> <br />