Tout ce qui me fait débloquer.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je vois la mer, j'ai aussitôt le sentiment d'être en vacances. J'ai la même impression de tranquillité, de sérénité, de bien-être. Et je ne parle bien entendu nullement des plages bondées de la Côte d'Azur en plein moi d'août... C'est là tout l'intérêt de venir travailler dans une ville côtière : on n'a pas l'impression d'être là pour le boulot. Le matin, je vais saluer la mer et je suis comme apaisée jusqu'au soir où je ne manque pas d'aller lui souhaiter une bonne nuit. Les personnes qui ont la chance de pouvoir le faire tous les jours connaissent-ils leur chance et comme je les envie?
Un an et une semaine. Il y a tout juste un an et une semaine, je me trouvais exactement dans la même ville, réalisais-je sur une plage en contemplant les falaises et les vagues qui entraînaient avec un bruit si caractéristique les galets dans leur fuite vers le large. Rien d'étonnant, peut-être me direz-vous, à se trouver au même endroit un an et une semaine après. Ca nous arrive à tous, pratiquement tous les jours. Seulement voilà, plus rarement à 900km de chez soi...
Bref, je pensais à cela en flânant, , et je me mis à réfléchir à tout ce qui c'était passé depuis, les mauvaises, comme les bonnes choses, les pétages de plombs, les coups de cafard, les nouvelles têtes, les anciennes qui disparaissent parfois, toutes ces petites choses qui font que l'on change et que l'on ne se reconnaît plus tout à fait en la personne qui était là il y a un an et une semaine. Et on se dit que c'est tant mieux, qu'on ne voudrait pas être exactement la même, cet être statique qui n'aurait donc rien apprit depuis lors.
On se met à réfléchir à tout ce qu'on n'avait pas fait, pas vu, ou pas vécu il y a un an et une semaine. On aurait voulu être capable alors de présager la suite et de savoir éviter les mauvais passages. On se met à réfléchir aux attentes qu'on avait à l'époque sur l'année et la semaine qui allaient suivre et surtout à celles qui n'ont finalement abouti à rien. La plupart, en fin de compte.
Pourtant, le paysage, lui, n'a pas changé depuis un an et une semaine. Non, c'est à chaque instant qu'il change, à chaque nouvelle seconde qu'il modifie son visage, varie son humeur. Comme s'il ne pouvait deux fois reproduire la même grimace ou le même sourire. Et je voudrais pouvoir tous les voir...
Des baigneuses, bien plus courageuses que moi (j'ai oublié mon maillot, c'est ballot tout de même...), se jettent à l'eau, et me rappellent qu'on ne peut venir sur une plage sans au moins y tremper ses pieds. Aussitôt pensé, aussitôt fait...
« C'est un petit pas pour l'Homme, mais qu'est-ce que ça fait mal aux pieds »
Moi-même, 19 mai 2009.