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Tout ce qui me fait débloquer.

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Vous avez un nouveau message

"Hello!

     J'avais envie de faire causette, et comme je n'avais personne avec qui discuter, je me suis dit que j'allais t'écrire. Tu dois te dire que je me suis rabattue sur toi en désespoir de cause, alors je tiens à te dire avant quoi que ce soit d'autre : tu as raison, et ce ne sera pas la première fois.
     J'avais besoin de discuter, pas de polémiquer sur tel ou tel sujet d'actualité, brûlant et inquiétant. Aussi, tu me pardonneras de ne pas évoquer la "grippe A" ou les manifs du 1er mai. En toute franchise, aujourd'hui, j'en ai rien à battre. Pardonne-moi cette crise aigüe de J'm'en-foutisme et d'égocentrisme exacerbé. Je le déplore moi-même suffisamment.
     De quoi vais-je dont bien pouvoir te parler alors, te demandes-tu sans doute? (encore une formule toute faîte, car des doutes sur le fait que tu te le demandes, en réalité, j'en ai mille, voire je me pose moi-même la question de savoir pourquoi tu te le demanderais et même ce que tu fais à lire ceci). Et bien d'un sujet passionnant : ma journée.
     Donc, en ce matin du 1er mai 2009, j'ai travaillé. Oui, encore rien ne l'interdit, que je sache, et je tiens à ma règle de vie : bosser un petit peu tous les jours, mais quand même pas trop. Quand je suis de bonne humeur, j'appelle ça la liberté, et quand mon humeur est plus maussade, je dis que j'occupe mes journées, en espérant que ce soit un tantinet lucratif. Aujourd'hui, je ne me suis même pas posé la question.
     1er mai. Le premier mai, c'est un dimanche qui s'ignore. Ca pue le dimanche à plein nez. Quand vous êtes sur votre ordinateur, quand vous sortez, quand vous allumez votre téléviseur. Y a rien à faire, il vous poursuit partout, il vous nargue, il vous agresse de toutes parts. Les oiseaux vous le disent, les cloches de l'église vous le sonnent, le silence vous le crie : il est en terrain conquis et n'a même plus besoin de déguisement.
     Après le déjeuner, j'avais envie de m'installer sur un transat, dans l'herbe, tout en buvant un petit café. Ou plutôt j'avais envie d'aller me balader tranquillement en bonne compagnie, un chien précédant nos pas, pour profiter de ce beau soleil de mai. Mais comme je n'avais pas de bonne compagnie, pas de chien, ni de jardin et même pas de transat, j'ai avalé mon café en regardant un épisode de Life (c'est ironique, non? Ben si voyons : Life / no life), et je suis sortie pour ma balade quotidienne, nouvellement imposée par moi-même à moi-même. A vrai dire, ce n'est pas que j'en avais envie, mais je n'avais pas envie non plus de rester. Il y a pire que de ne pas obtenir ce dont on a envie ou de ne pas savoir comment l'obtenir : il y a ne pas avoir d'envies.
     Et comme j'étais déjà dans le même état d'esprit que je le suis à présent, tu devineras sans peine vers quoi mes pensées se dirigèrent durant cette promenade dominicale du vendredi : du côté de ma petite personne. Avec en prime, une joyeuse auto-flagellation pour mon égoïsme incommensurable. Tu me croiras si tu voudras, mais se répéter que certains sont malades, n'ont pas de boulot, ou bossent pour des clopinettes, ou que d'autres crèvent de faim, de soif, ou vivent dans la rue, alors que moi, je suis en bonne santé, et, pour l'heure, ai un boulot pas trop difficile, et choisi, et bien ça n'aide pas à quitter cet état mélancolique. Ca aide juste à se trouver encore plus pathétique, limite pitoyable.
     En arrivant près de chez moi, je n'avais pas envie de rentrer. Mais comme je n'avais pas envie non plus de continuer, je dus choisir entre ces deux non-envies, pour finalement opter pour la maison, sans trop d'enthousiasme. Et comme j'avais encore plein de non-envies, comme regarder un film, continuer de travailler, ou encore faire le ménage ou lire, j'optais pour celle consistant à encore parler de moi ici, et dans la plus belle démonstration d'égoïsme possible. Pourtant dieu sait que je n'en avais plus envie!
Aussi, j'espère que tu ne liras pas ces lignes, ou bien qu'au contraire tu les liras, je ne sais plus trop bien. Si je le savais, je saurais du même coup si je dois ou non cliquer sur le bouton "Publier".

     Quoi qu'il en soit, ne doute surtout pas que je n'en oublie pas pour autant de me soucier de toi et de comment tu vas, ta vie, tes peines, mais aussi tes joies.

     Je ne prends pas le temps de te parler de la semaine dernière, de mes amis et de leur adorable petit bonhomme. Je crois que aujourd'hui, je n'en avais pas envie.

A bientôt, j'espère (si tu en as toujours envie)

Je t'embrasse,
Eurêka"
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D
Contente de lire que tu as eu "envie"...A+
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