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Tout ce qui me fait débloquer.

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Il n'y a que les imbéciles... (etc)

    Il s'est passé la semaine dernière un phénomène bizarre, la révélation d'un grand changement, enfin du moins un changement à ma hauteur, donc en fait pas si grand, la prise de conscience d'une modification incroyable (je note chez moi une petite pointe d'exagération dans mes propos) dans mon comportement. Je me suis rendue compte qu'à l'insu de mon plein gré (je crois bien que cette expression pseudo-sportive trouve là toute sa vérité et son à propos), je me mettais à préférer mon clavier à mon stylo-bille. Réalisez que jusqu'ici, cet objet avait pour moi une valeur à nulle autre pareille, que je le vénérais et lui attachais une valeur certes symbolique, mais aussi pratique et quasi métaphysique (quand je vous disais que j'étais d'humeur à « l'excessivité ») irremplaçable.

    J'en avais même déjà parlé au tout début de ce blog : en résumé, écrire pour moi ne  pouvait qu'être associé à l'usage d'une plume et d'une feuille de papier. Quand je dis « écrire » (ou quand j'écris « écrire », mais je ne trouve pas ça très joli joli), j'entends par là l'inspiration (pas toujours inspirée à bon escient et de belle manière), l'envie, la pulsion qui vous vient de poser des mots quelque part, de les figer par une quelconque manière, quand c'est l'écriture qui nous prend et non pas nous qui prenons l'écriture. Il y a les moments où on se met face à son ordinateur en se disant « je dois écrire », et il y a les moments où les mots se pointent devant nous, nous regardent bien en face et nous prennent par la main. Ces moments-là sont très différents et ne se matérialisent pas de la même manière.

     Comme je l'ai déjà dit (écrit), il me prend souvent l'envie d'écrire (rien de bien intéressant, mais là n'est pas le sujet) à l'improviste, quand le temps ou le lieu, ne s'y prêterait a priori pas. Disons donc plutôt que c'est l'envie d'écrire qui me prend, et non l'inverse. En particulier la nuit, très souvent la nuit. C'est lié sans doute à mes insomnies, cela peut soit les expliquer, soit en être le résultat concret. Je suis là, je pense, je cogite, je tergiverse, je débats, je commente, je me souviens, je regrette (ou je remords?), je raconte, j'imagine, j'élabore, j'hypothèse. Et puis parfois, l'envie me saisit de laisser trace de mon discours intérieur, ça me chatouille, me gratouille. Autrefois, il m'était évident que, si je n'y tenais plus, il fallait que je saisisse le premier stylo venu pour décharger les mots et phrases qui remplissaient ma tête, de crainte qu'elle n'éclate. Et ça marchait, libérée j'étais ensuite, presque vidée, du moins allégée. Il m'arrivait même parfois de placer directement un cahier et un crayon facilement accessible près de mon lit.
       N'allez pas croire que pour autant j'ai beaucoup écrit! Du tout, juste quelques lignes à chaque fois et sans aucun intérêt, sans lien entre elles, sans continuité. Des phrases jetées et qui viennent s'écraser sur une malheureuse page blanche qui n'a rien demandé. Des phrases de toutes sortes, de tous ordres, mais qui ne marqueront personne.

         Et la semaine dernière, je fus prise à nouveau de cette envie-là, voire même plutôt de ce besoin. Je venais d'éteindre mon ordinateur, j'avais commencé ma lecture sans pouvoir me concentrer sur elle, les mots que je lisais n'étaient pas ceux des pages du livre. Il y en avait d'autres qui prenaient tout l'espace et qui flottaient tout autour de moi. Je remuais les bras, pour les chasser, je bougeais pour leur faire comprendre que ce n'était pas le moment, mais rien à faire. Ils étaient là à me murmurer sans cesse le même refrain insidieux qu'il me fallait absolument retranscrire pour m'en libérer. Le poids devenant trop lourd à mes épaules, je me levais sans prendre le temps de trop y penser, et rallumais rageusement mon portable : ils m'avaient eu encore une fois. Je passais une heure ainsi, à déverser ce trop-plein, sans souffler, sans être réellement là, présente. Quand j'eus fini, je relevais la tête, sortais de cet état presque second, jetais un oeil à mon radio-réveil pour constater, surprise, le temps en effet écoulé. Et je ressentis alors, en me recouchant, ce doux effet qu'ont sur moi ces moments : une délivrance. Il fallait que cela sorte et cela était sorti.

    Ce n'est que quelques jours plus tard, repensant à cette nuit-là, que je réalisais que point l'idée ne m'était venue de poser tout cela sur du papier. Non, c'est bien comme une bonne gaspilleuse que je suis d'énergie, que je m'étais jetée sur cette machine que certains pensent déshumanisée et déshumanisante (alors que moi elle me socialise).
    Je l'explique de deux manières. D'abord, parce que j'ai pris cette habitude avec ce blog : écrire est devenu écrire sur ce clavier, alors qu'il n'avait pas le même sens auparavant pour moi. Ensuite, parce que je me rends compte que j'aime ça. Si, il n'y a pas si longtemps, je m'acharnais sur les touches de mon clavier pour arriver à en tirer quelques textes, levant sans cesse les mains pour trouver les bonnes touches, alors que le stylo glissait si bien sur le papier, sans bruit, aujourd'hui, je retrouve cette fluidité, du moins commence-t-on à s'en rapprocher, dans le tapotage sur mon clavier, et regarde presque en grimaçant les raturages et autres rattrapages incontrôlés des feuilles qui m'entourent.

    Il faut donc l'admettre : j'ai cédé à la modernité, je me suis laissée rattraper et conquérir par elle. Je sens même en moi cette addiction maintenant née, ce besoin tactile.

    C'est fou comme l'on change en une année. C'est ce que je me dis à l'heure actuelle. Et puis, à un autre moment, je me dirais : c'est dingue comme rien ne change vraiment, comme tout peut rester identique après un an. C'est histoire d'humeurs.

    Allez, je vais me coucher. Car il est tard.

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Z
"l'instit que tu es prendrait peur!": ah, tu es du genre pattes de mouche?
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E
<br /> Plutôt du genre "gros tas" que pattes de mouche...<br /> <br /> <br />
D
Un cahier ne m'a jamais répondu...ne corrige pas mes fautes...je ne peux pas écouter plein de musique...et je ne découvre pas autant de choses... et enfin....je n'ai pas autant de facilité à me relire..<br /> A+
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E
<br /> P*tain, c'est quand même beau le progrès!<br /> <br /> <br />
Z
J'ai eu la même pensée, l'autre jour: les mots me viennent souvent la nuit(d'une autre qualité que tes mots à toi, mais n'empêche...)(non, mais c'est vrai: tu écris vraiment bien, je ne sais pas si je te l'ai déjà dit).<br /> Ce qui est plutôt chouette, pour nous, c'est qu'on peut te lire quand c'est tapé sur ton clavier. Alors que les mots avec ton bic, ils ne nous parviennent pas...
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E
<br /> (merci, ça me touche beaucoup) (si si, c'est vrai)<br /> Sinon, je pourrais aussi scanner... mais l'instit que tu es prendrait peur!<br /> <br /> <br />
D
Que ce soit avec une plume, un stylo, un crayon de bois ou un clavier....le tout s'est de continuer à écrire...<br /> A+
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E
<br /> Ce n'est qu'un objet après tout... Pourquoi prend-il tant d'importance? Mystère.<br /> <br /> <br />