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Tout ce qui me fait débloquer.

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Merci monsieur le juge!

    Je me rends compte que ça fait un bon bout de temps qu'on n'a pas parlé bouquin. Et je ne sais pas pour vous, mais moi ça me manque.

    Je pourrais vous parler du dernier livre que j'ai lu, « Sous les vents de Neptune » de Fred Vargas, mais je vous en ai déjà parlé auparavant, et ce n'est pas son meilleur à mon humble avis.

    Je pourrais alors vous parler de celui que je suis en train de lire (« Le dernier jour d'un condamné » de Victor Hugo), mais finalement, on n'en est pas bien loin, très proche même. Et puis, quoi vous dire, sinon qu'il prêche une convaincue (trop souvent en deux mots...). Peut-être qu'on en reparlera une autre fois.

    Non, je voulais vous parler de comment on peut être amené à découvrir des livres grâce à un juge d'instruction (et sans n'avoir rien fait de mal, je vous rassure! ou pas).

Mon juge d'instruction, c'était un de mes chargés de TD à la fac, en Droit Pénal. Ce devait être en première année.
Je me souviens encore du premier TD. Une de ces premières questions fut « qui était Georges Bataille? » Silence de la part de la bande d'incultes qu'on était tous. Ouf, je n'étais pas la seule.
Et puis plusieurs se lancent, on est en Droit, ils essayent: avocat? Juge? Juriste? Historien? Rien, nada, nichts, nothing. Personne ne trouva : écrivain, tout simplement. Je ne sais plus pourquoi il nous parla de cet homme, mais pour moi ça donne une bonne idée de mon juge.

Tiens, ça me fait penser qu'il serait peut-être temps, après tant d'années, que je m'intéresse un peu à qui était Georges Bataille, justement.
Mais ce n'est pas le sujet. Non, toujours pas. Oui, j'y viens. Un peu de patience, mince!

Et donc, ce devait être ce même jour, il nous conseilla, voire nous enjoigna, nous enjoignit?... merde, comment on dit?, bref, de lire 3 livres.
Deux de Dostoïevski, « Crime et châtiment » et « Souvenirs de la maison des morts », et un de Michel Foucault (non, il n'y a pas d'erreur dans le prénom... Il y en a qui sont lourds!) : « Surveiller et punir ».

Un chargé de TD qui ne nous disait pas, enfin, de lire chaque jour « Le Monde », minimum, mais qui nous parlait bouquin, ça m'a marqué à vie. Sans cela, sûr que je l'aurais oublié, et cela n'aurait d'ailleurs pas changé grand chose pour lui.

Crime et châtiment, j'ai dû le lire aux vacances suivantes, peut-être même l'été. Oui, parce qu'il faut dire qu'à la fac, je ne lisais pas beaucoup. Je le regrette, j'ai perdu du temps que je ne rattraperai jamais. Ce temps, je l'aurais eu si je n'étais pas tombée dans ce vide sidéral de la télévision, si je n'avais pas eu envie de me vider justement la tête à la truelle s'il le fallait, à grands coups de téléfilms à la con si besoin était.
Ce bouquin, je l'ai dévoré, adoré, vénéré comme jamais auparavant. Cela fait un bail maintenant, presque 11 ans, et peut-être devrais-je le relire, mais c'est le livre qui m'a ouverte à toutes les possibilités de la littérature, et à bien plus encore. Je n'ai même pas de mots pour dire tout ce que j'ai ressenti à sa lecture. C'est trop vaste, trop grand. Presque une révélation, en tout cas celle d'un écrivain qui m'a suivi depuis, ou alors est-ce moi qui ne l'ai plus quitté.

Et puis, plus tard, je lus Surveiller et punir. Je dois avouer que je suis plus adepte de romans que d'essais, de biographies, de thèses, etc. C'est comme ça, et j'ai assez à faire avec eux. Mais là, pas de problème. J'ai été encore captivée par cette histoire des sanctions (description de tortures abominables, quand l'Homme se délecte de la souffrance en se donnant bonne conscience), la naissance de la prison, ses enjeux, l'aspect conceptuel... Le genre a priori rébarbatif, et j'en vois d'ailleurs qui font la grimace, je le comprends, mais j'ai trouvé vraiment passionnante cette étude, pratique et théorique à la fois, et qui va bien au-delà du cadre répressif pour aborder la société dans son ensemble, son organisation et ses paradoxes d'inhumanité.

Mais si là, vous avez grimacé, qu'allez-vous faire pour exprimer votre éventuelle répugnance rien qu'à entendre ce titre : Souvenirs de la maison des morts? Oui, parce qu'il est tout à fait fidèle au contenu du livre : le récit de Dostoïevski de sa déportation au bagne. C'est noir, c'est laid, c'est pas beau, c'est sale et plein de méchants. Et puis c'est pas drôle. Mais c'est comme ça. Mon père l'avait entamé avant moi, et me l'avait rendu au bout de quelques pages en me disant quelque chose du style « mais ça va pas de lire des choses pareils! ». Encourageant. Ouais, pas facile, mais finalement, assez intéressant également.
Bon, je vous conseillerais plutôt un livre comme « Le joueur » pour commencer...


Bref, de l'évocation de tout cela, j'en tire l'envie de dire : « Merci M'sieur le Juge! »
Et ça n'arrive pas si souvent!

Voilà, j'espère qu'il y aura quelqu'un qui aura lu jusqu'ici...


« L'art sauvera le monde »
Dostoïevski

"Quoi d'étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ?"
Michel Foucault, Extrait de Surveiller et punir

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V
Tu veux découvrir Georges bataille?<br /> Tu l'auras voulu!<br /> Voici "je mets mon vit contre ta joue"<br /> <br /> Merci d'éloigner le jeune public!<br /> <br /> Je mets mon vit contre ta joue<br /> le bout frôle ton oreille<br /> lèche mes bourses lentement<br /> ta langue est douce comme l’eau<br /> <br /> ta langue est crue comme une bouchère<br /> elle est rouge comme un gigot<br /> sa pointe est un coucou criant,<br /> mon vit sanglote de salive<br /> <br /> ton derrière est ma déesse<br /> il s’ouvre comme ta bouche<br /> je l’adore comme le ciel<br /> je le vénère comme un feu<br /> <br /> je bois dans ta déchirure<br /> j’étale tes jambes nues<br /> je les ouvre comme un livre<br /> où je lis ce qui me tue.<br /> <br /> Georges Bataille (1897-1962)
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E
<br /> Tu sais ce qu'on dit: il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis!<br /> Pas sûr que ce soit pour ce genre de textes que mon juge nous en avait parlé...<br /> <br /> <br />
N
J'adore les auteurs russes, je me delecte des nouvelles de Tchekov, que je lis, relis à n'en plus finir... depuis la 6ème où notre prof de russe nous avait refilé "La dame de pique" Pouchkine... Mais alors "surveiller et punir"!! tu me donnes envie de m'y interresser...
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E
<br /> Si c'est le cas, j'en suis très heureuse! N'oublie pas de revenir, si tu le lis, pour m'insulter si tu n'as pas aimé!!<br /> Moi-aussi j'aime les auteurs russes. Je me permets de te conseiller aussi "Le décaméron des femmes" de Julia Voznescenskaya. Et je prends note pour Pouchkine.<br /> <br /> <br />
D
j'ai lu....jusqu'à la fin :)<br /> comme d'habitude..<br /> bisous
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E
<br /> C'est gentil... j'espère que ce n'était pas trop insupportable!<br /> <br /> <br />