Cet après-midi aurait pu être un bon après-midi. Oui, il aurait pu. Oh puis finalement, il le restera, malgré la honte que je me suis offert le luxe de me payer (par manque de moyens).
Après-midi piscine. ça faisait longtemps, trop. Qu'est-ce que c'est agréable de glisser dans l'eau et de se laisser porter (avec la bonne odeur de chlore)! Et dire qu'il y a quelques années, j'y allais 2 fois par semaine sans avoir le couteau sous la gorge! Mais voilà encore un avantage de plus à habiter en ville, puisque à présent, il me faut faire 32 km pour trouver la première piscine couverte.
Bref, la piscine, c'est vraiment le pied, en particulier quand il n'y a pas de mômes qui plongent juste quand tu arrives à leur hauteur (et là, c'est le drame: je panique, fait de grands gestes, bois la tasse, avant d'arriver enfin à retrouver mon calme).
Donc, après mes 40 longueurs (à la brasse, hein, c'est tout ce que je sais nager), je vais faire quelques courses, puis passe prendre du gazole. Jusqu'ici, rien de plus banal. L'affichage à la pompe est totalement illisible, marche ou marche pas? point je ne le saurai. Je n'ai que 45€ d'espèces, alors je me dis que je vais m'arrêter vite (vu la conjoncture actuelle à la pompe). Je me dis ça, et la pompe m'annonce que le plein est fait. Chouette, je devais en avoir encore pas mal dans le réservoir, je file en caisse, du moins en bout de queue.
Et là, c'est la louze totale (je l'écris comme je veux, non mais!):
"- Moi : Pompe 2
- le caissier : 57€22
- Moi : hein?
- Lui : 57€22
- Moi : Non, mais c'est pas possible. La 2!
- Lui : Ben oui, 57€22!
- Moi : Ah ben, on va avoir un problème alors..."
Oui, parce qu'il faut que je vous dise : pas pris mon sac à main, juste les papiers de voiture au dernier moment, pas de carte bleu, pas de chéquier... Vous voyez un peu le problème?
Là, je me vois déjà embarquée par les gendarmes, menottes aux poignets, fourgon, et tout le tralala.
Oui, parfois, je dramatise un peu.
Un gars de la Sécurité arrive, je prends mon air le plus contrit, agrémenté de petits sourires embêtés (tu m'étonnes!) :
"- Vous avez une pièce d'identité?
- Non...
- Un permis de conduire?
- Non..."
Donc, je suis mal.
Et je me dis que si j'étais derrière moi dans la file, je me détesterais et me traiterais de tous les noms.
Heureusement, en fin de compte, il prend ma carte grise et me laisse partir.
Ouf.
N'empêche que j'ai 70 bornes (aller/retour) à faire demain pour aller payer ce que je dois à Monsieur Edouard.
J'me hais parfois.