La naïveté est un luxe. Je me l'offre, et le paie cher. La naïveté est un luxe que certains renoncent à s'offrir, abandonnent avec le temps et ses désillusions, ne la trouvant pas à la hauteur de leurs espérances, la trouvant plus nuisible que bienfaitrice à leur vie.
La naïveté est belle, et cette beauté est si fragile qu'au premier coup de vent parfois elle cède. Quelquefois elle est plus solide et résiste à plusieurs bourrasques, mais jamais bien longtemps.
Cela faisait un moment que j'avais envie de parler de naïveté. Tout simplement parce que je vois en ce moment autour de moi des personnes, une en particulier en fait, qui, suite à une douloureuse expérience, me dit avoir perdu de cette naïveté. Je trouve cela tellement dommage, car je la trouvais belle, moi, sa naïveté. Elle m'apparaît tellement plus comme un don que comme une tare, comme une facilité que comme une faiblesse, comme une facilité, une faculté à voir la beauté en certaines choses qu'à y voir de la noirceur, croire en des choses dont il serait plus facile de ne pas croire, avoir des illusions, des espoirs, alors qu'il serait plus simple de n'en rien attendre. Voir la beauté de l'instant, et ne pas y voir le faux, la fourberie, le mensonge, les illusions déçues et donc la peur de ces illusions.
Et si tout cela est idiot, alors laissez-moi revendiquer haut et fort ma propre bêtise. Pour encore un temps. Un bref instant.
La naïveté est-elle synonyme d'innocence? Pourtant je plaide coupable.
De candeur? Pourtant le noir me sied aussi.
De crédulité? Je ne crois qu'en ce qui me plait.
« Il faut beaucoup de naïveté pour faire de grandes choses. »
(René Crevel, extrait de L'esprit contre la raison)
« La naïveté est une façon de vivre intelligemment le présent. »
(Gustave Parking, un grand penseur?)
Tiens, il fait beau. Et comme je ne suis pas naïve au point de penser que cela pourrait durer, je m'en vais en profiter un peu...
Bien à vous