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Tout ce qui me fait débloquer.

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Elle a lu un livre exceptionnel

Le-Carnet-d-or.jpg   Ce livre que j'ai tant aimé et dont j'ai déjà fait l'éloge précédemment, il faut quand même que j'en donne le titre : « Le Carnet d'Or » de Doris Lessing. Son auteure a reçu le prix Nobel de littérature l'année dernière, en partie en raison de ce livre sorti dans les années 60.
   Qualifié souvent de roman féministe, cela provoqua cette réplique de Mme Lessing : "Je déteste cette étiquette d'écrivain engagé qu'on continue à me coller. Aucun de mes romans n'est politique. Je décris des situations, je suis écrivain, c'est tout." Et rien que pour ça, elle mérite tout mon respect.
   C'est un livre de 600 pages (grandes pages, petits caractères, pleins de lignes, bref assez effrayant quand on le commence). Mais la façon même dont il est écrit et son découpage fait qu'on n'a pas l'impression de rester confiner pendant des heures et des heures, de s'enliser dans une histoire dont on ne verrait pas la fin. Il s'agit d'Anna, un(e) écrivain(e), sa vie, et 4 carnets qu'elle tient, classés par couleurs et dans lesquels elle met une part différente d'elle-même, comme pour cloisonner son existence : sa vie en Afrique pendant la deuxième guerre mondiale (ah, encore l'afrique!), son engagement politique (le communisme en Angleterre et ailleurs, l'après stalinisme...), un roman qu'elle tente d'écrire et sa vie amoureuse (et déjà là, c'est pas rien, croyez-moi! Du genre à choquer pas mal de gens de l'époque et même d'aujourd'hui). Il semble pourtant y avoir un lien qui relie tout cela, un lien que l'on ne comprend que vers la fin du livre et qui explique ce cloisonnement : la peur du personnage principal (et donc de l'auteur elle-même? On peut se poser la question car il y a tellement de mises en abîme que je me suis parfois emmélée les pinceaux entre Doris Lessing, Anna et le personnage du livre qu'Anna écrit) donc la peur de tomber dans la folie. Parviendra-t-elle à l'éviter? (je laisse bien le suspens, hein?)
   Tenter d'en faire un résumé serait mission impossible tellement c'est un bouquin foisonnant d'idées. Je crois que je n'avais jamais encore lu de ma vie un livre comme celui-ci, si dense, si libre, si moderne, un livre qui prenne autant de libertés avec les personnages et avec les mots. On ne sort pas indemme d'un tel texte.
   Plus que toute autre chose, je me demande comment on peut écrire un tel livre, le temps, la concentration que cela exige, les maux de tête pour organiser tous les thèmes qui y sont abordés,... Bref, un travail titanesque... Chapeau bas Madame!

J'ai déjà mis quelques extraits du livre. En voilà encore un que j'aime particulièrement:
« Tout plutôt que le calcul, le non-engagement, le refus de donner par peur des conséquences... »

Et quelques citations de Doris Lessing (her self):
« Pensez faux, s'il vous plaît, mais surtout pensez par vous-même. »

« La littérature ne s'apprend pas. On rencontre simplement, en ce domaine, des gens ou des livres qui, brusquement, vous disent, vous montrent ce que vous avez besoin d'entendre ou de voir. »
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L
Toi tu serais à la colle avec Val: Même amour profond pour les livres.<br /> Moi, je suis une petite bite: Y'a belle lurette que j'ai plus ou moins délaissé Zola, Camus, Salinger et Steinbeck...<br /> J'ai presque honte.
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E
<br /> Bon sang mais c'est bien sûr (ça ne veut rien dire, non?): Salinger, L’Attrape-Cœurs, il faut absolument que j'achète ce bouquin!<br /> Bien tombée: Steinbeck, Des Souris et des Hommes, j'adore!<br /> A chacun sa came...<br /> <br /> <br />